📜 Lore canon d’Elserath 📜

🏛️ Chapitre V : L’Ère des Arches Lumineuses (121 – 482 ESR)

« Ce que les dieux façonnèrent par le Chant, Les Hommes cherchèrent à comprendre par la lumière. »
— Codex d’Aelion, Cycle du Renouveau (247 ESR)

🌅 Le Retour de la Lumière

« Quand la nuit se retira, le monde sut qu’il n’avait jamais cessé de chanter. »
— Fragment du Chœur des Aubes, conservé à Verrelys

Lorsque prit fin l’ombre de l’Éclipse, et que les derniers chants du deuil se turent, les peuples d’Elserath levèrent de nouveau les yeux vers le ciel.

Les brumes se dissipèrent au-dessus des mers, les vents reprirent leur souffle, et la lumière d’Elyon caressa à nouveau les plaines et les cimes. Ce fut comme un monde exhalant enfin sa première respiration après un long silence.

Les ruines des anciens âges gisaient encore fumante, mais dans leurs cendres naissait un éclat neuf — Celui de la volonté des peuples à se souvenir, à rebâtir, à comprendre.

🕊️ Les Hommes d’Altherion — Les Bâtisseurs de Verre

Parmi tous les peuples, les Hommes d’Altherion furent les plus hardis. Ils ne voulaient pas seulement retrouver la lumière — Ils voulaient la comprendre.

Leur cité, Altherion, se dressait au centre du monde comme une promesse.

Les dômes de cristal, noircis par l’Éclipse, furent polis, purifiés, et rallumé. Sous ces coupoles renaissantes, les premiers Convergents unirent la science et la mémoire du Chant.

Ils découvrirent comment plier la lumière sans la rompre, comment transformer les flux du monde en matière. Les miroirs d’éther qu’ils forgèrent reflétaient non seulement les visages, mais les pensées et les émotions. Leur art donna naissance au premier miroir Lumineux, capable de projeter une image d’un point du monde à un autre — Préfiguration de ce qui viendrait plus tard.

Sous leurs mains, Altherion devint un joyau de verre et de lumière, un centre d’étude, d’échange et de rêve. Les autres peuples s’y rendaient non pour adorer, mais pour apprendre. Et peu à peu, la cité humaine fut appelée par les Aelran : « La Voix qui se fait entendre du monde. »

« Les dieux avaient chanté le monde — les Hommes commencèrent à le réécrire. »

🩸 Les Orcs — Frères du Feu et du Vol

Dans les steppes d’Ormarr, les Orcs, unis sous la mémoire de Rokhan Fils-de-la-Cendre, honorèrent la flamme qu’il leur avait léguée. Leurs clans, jadis dispersés, formaient désormais un seul peuple, lié non par le sang, mais par le feu.

Depuis la chute du Dragon des Cendres, les Orcs sont tenus pour les seuls mortels dignes du respect des Dragons. Ces derniers leur enseignèrent l’art de modeler la braise, de respirer le feu sans s’y consumer, et de comprendre la colère comme un langage ancien.

Ainsi naquit la lignée des Forgerons-Rouges, guerriers et artisans dont chaque lame brûlait d’une flamme vivante.

Leurs cités-caravanes parcouraient le monde, portées sur le dos des chameaux-éléphants, géants paisibles que les Orcs nommaient Frères de Route. Chaque cité avançait comme une forteresse nomade, guidée par la mémoire du feu et les étoiles de Rokhan.

« Que le feu soit notre frère, non notre tombe. »

🐉 Les Dragons — Juges du Ciel et Héritiers de l’Orgueil

Longtemps, les Dragons s’étaient retirés du monde des mortels. Leurs lignées s’étaient dispersées — certaines dans le vent, d’autres dans la pierre, toutes gardant la mémoire du premier feu.

Mais lorsque la lumière revint, les Dragons d’Éther regardèrent à nouveau vers les terres d’Elyndra. Ils virent que le Chant du monde n’était plus qu’un murmure brisé, et dans leur orgueil, ils décidèrent d’en être les gardiens. Non pour protéger, mais pour juger. Car dans leur cœur brûlait la certitude que nul autre être ne méritait de porter le poids de la lumière.

Leur vol au-dessus d’Altherion traçait des arcs d’argent dans le ciel clair. Les mages s’inclinaient, les oracles se taisaient, et les vents eux-mêmes semblaient s’accorder à leur passage.

« Là où passe un Dragon d’Éther, le monde se souvient qu’il fut jadis parfait. »

Les Dragons Sylvains, enfants du souffle de Thal, rôdaient dans les forêts de Virelia et les hautes clairières. Leurs écailles, couvertes de mousse et de lumière, se mêlaient aux frondaisons ; leurs chants résonnaient dans les racines profondes et les rivières d’or mantes. Ils étaient les gardiens des équilibres vivants, mais leur bienveillance demeurait distante — car même dans la sève, l’orgueil des dragons subsistait.

« Ils veillent, non pour aimer, mais pour gouverner. »

Les Dragons de Cendre, nés du feu de Kaelgor et du souffle du Couchant, vivaient dans les volcans et les plaines brûlées. Fiers, colériques, resplendissants, ils méprisaient les mortels, jusqu’au jour où Rokhan Fils-de-la-Cendre abattit l’un des leurs. Depuis, les Orcs sont tenus pour leurs égaux. Entre eux naquit un respect que rien n’altéra : les dragons virent dans les Orcs la force et la fureur du monde, les Orcs virent dans les dragons le miroir de leur propre orgueil.

Ainsi, les Dragons de Cendre enseignèrent aux Forgerons-Rouges l’art de respirer la flamme sans y périr, et les Orcs, en retour, leur rappelèrent la valeur du serment.

Les uns et les autres savent que leur feu est le même — celui qui détruit ou illumine selon le cœur qui le porte.

Quant aux Dragons Abyssaux, seigneurs des profondeurs, nul ne connaît l’étendue de leur règne. Ils vivent sous les mers de Lysséa, dans des cathédrales de corail noir et de lumière inversée, là où les courants s’inversent et où le temps s’endort. Leur souffle ne brûle pas : il aspire la chaleur et la vie. Les Lireathi les nomment Seigneurs des Profondeurs, et les craignent autant qu’ils les honorent, car ils sont la mémoire muette des abîmes — ceux qui rêvent le monde lorsqu’il se tait.

« Ils ne montent jamais à la surface : car là où ils passent, la mer oublie de respirer. »

Ainsi, les Dragons, orgueilleux et splendides, demeurent les ultimes témoins du feu ancien.

Ni dieux, ni mortels, ils sont la frontière même entre le sacré et l’impie — la preuve que le monde, malgré tout, n’a jamais cessé de se juger lui-même.

Ainsi commença l’Âge d’Altherion, Que les Chroniques du Verre nomment encore l’Ère des Arches Lumineuses.

🌆 Altherion — Le Cœur de Verre du Monde

Édifiée autour d’un observatoire Djinn après la fracture du ciel, La cité devint le centre d’un monde à nouveau relié. Ses rues d’onyx portaient les murmures des peuples, et ses tours chantaient sous la lumière des Arches.

Au sommet brûlait la flamme bleue du Kaelrun’Thar, alimentée par la Forge primordiale de Kar’Drath : Le dernier feu djinn, gardé comme un cœur battant.

Sous les dômes de cristal, forgerons et mages œuvraient côte à côte : L’un frappant les anneaux d’argent, l’autre chantant les lignes d’énergie, et de leurs gestes mêlés naquit la première Arche d'Astral.