đ Quand il vient
On ne sait pas dâoĂč vient Kaer-Sol.
On sait seulement quand il vient.
Il apparaĂźt lorsque le monde devient plus lourd quâil ne devrait lâĂȘtre â lorsquâun serment, prononcĂ© avec vĂ©ritĂ©, est trahi en connaissance de cause.
Pas une promesse légÚre. Pas un mensonge banal.
Un engagement qui soutenait quelque chose : une cité, une lignée, un peuple, une vie.
Alors Kaer-Sol marche.
đŻïž Apparence â Le Juge voilĂ©
Kaer-Sol est une haute silhouette encapuchonnĂ©e, plus grande quâun homme sans jamais paraĂźtre colossale.
Son corps semble fait dâombre dense, comme si la nuit avait appris Ă se tenir droite.
Autour de son torse pendent des chaßnes brisées, suspendues sans bruit.
Chaque maillon porte une gravure unique : un symbole ancien, parfois runique, parfois abstrait â la forme exacte du serment rompu.
Certaines chaĂźnes sont rĂ©centes, encore ternes. Dâautres sont polies par les siĂšcles, couvertes de stries et de micro-fractures : les serments anciens, trahis mais jamais rĂ©parĂ©s.
Sous la capuche, il nây a ni visage, ni regard. Seulement une profondeur immobile, qui donne Ă ceux qui le voient la sensation trĂšs prĂ©cise dâĂȘtre dĂ©jĂ jugĂ©s.
âïž Nature â Le poids des paroles
Kaer-Sol nâest ni un dĂ©mon, ni un esprit vengeur, ni une crĂ©ature du Chant.
Il est ce que certains sages appellent un phénomÚne moral incarné.
Les serments, Ă Elserath, ne sont pas de simples mots. Ils laissent une empreinte rĂ©elle dans le monde â une tension invisible, comparable Ă un arc bandĂ©.
Quand cette tension est rompue, le monde cherche un équilibre.
Kaer-Sol est cet équilibre.
đ Pouvoir â LâAbsorption du Serment
Lorsquâil apparaĂźt, Kaer-Sol ne combat pas. Il offre un choix, sans jamais le formuler Ă voix haute.
Sâil touche le traĂźtre â parfois dâun simple effleurement de chaĂźne â il peut absorber le poids du serment brisĂ©.
â la culpabilitĂ© Ă©crasante disparaĂźt
â les consĂ©quences mystiques du serment cessent
â la malĂ©diction, la dette ou la rĂ©sonance du Chant se dissolvent
Mais le prix est absolu.
Celui qui est soulagé par Kaer-Sol ne pourra plus jamais faire de promesse vraie.
Ses mots peuvent encore sonner justes. Ses intentions peuvent encore ĂȘtre sincĂšres. Mais le monde ne les Ă©coutera plus.
Les serments quâil prononce deviennent creux. Les pactes quâil signe ne sâancrent nulle part. MĂȘme les vĆux intimes ne laissent plus aucune trace.
Il est libĂ©rĂ© â et Ă jamais dĂ©saccordĂ©.
đ Ce que Kaer-Sol ne fait jamais
Il ne punit pas les parjures involontaires.
Il ne se manifeste pas pour les promesses triviales.
Il ne frappe pas ceux qui ont tenté de tenir⊠et ont échoué sans trahir.
Kaer-Sol ne juge que la trahison consciente. Et il ne prend quâun serment Ă la fois.
đȘ Regards des peuples
Les Orcs le craignent profondĂ©ment. Chez eux, le serment est liĂ© au sang, au feu et Ă la mĂ©moire clanique. Voir Kaer-Sol, câest reconnaĂźtre que lâon a rompu quelque chose que mĂȘme la mort ne suffit pas Ă rĂ©parer.
Certains clans racontent que leurs plus grandes guerres internes ont commencé aprÚs son passage.
Les Aelran lâignorent. Ou prĂ©tendent le faire. Ils disent que Kaer-Sol est une illusion nĂ©e de la peur des mots imparfaits. Mais dans les ruines dâElyndarion, aucun Aelran ne prononce de serment Ă voix haute.
Les Nains, eux, le respectent. Ils le nomment parfois « Celui qui pĂšse la Pierre des Paroles ». Pour eux, Kaer-Sol nâest pas un chĂątiment, mais un dernier clou posĂ© sur une Ćuvre dĂ©jĂ brisĂ©e.
Certaines forges anciennes portent des runes dédiées à rappeler que mieux vaut ne jamais promettre que promettre sans tenir.
𩞠Légendes murmurées
On dit que Kaer-Sol ne porte jamais deux fois la mĂȘme chaĂźne.
Que lorsquâun serment est rĂ©parĂ© â rĂ©ellement, au prix du sang ou du sacrifice â une chaĂźne se fissure et tombe dans le nĂ©ant.
Certains affirment quâau terme du dernier serment brisĂ© du monde, Kaer-Sol disparaĂźtra⊠ou deviendra assez lourd pour fendre la terre elle-mĂȘme.
Une inscription retrouvée sur une stÚle brisée dit simplement :
« Les mots bùtissent des mondes.
Ceux qui les détruisent doivent apprendre à vivre sans toit. »