Bestiaire — Créature mystérieuse

⚡ L’Orage Qui Cherche

Celui qui voulut parler parfaitement au ciel — une tempête qui pense encore, et refuse d’avoir fini sa phrase.

Affinité : Aer’Thalan Nature : Conscience diffuse Danger : Imprévisible Présence : Tonner”

⚡ Prologue — Celui qui voulut parler parfaitement au ciel

On dit qu’il fut autrefois Skayan — un mortel né dans les hauteurs, élevé dans le fracas des vents, qui entendait dans chaque éclair non une menace, mais une phrase incomplète.

Il se nommait, jadis. Mais ce nom n’existe plus nulle part.

Certains orages, dans les Cimes, ont un son étrange : comme une question qui refuse d’être abandonnée.

🌩️ Origine — La quête qui n’avait pas de seuil

Chez les Skayans, l’Aer’Thalan, le langage du tonnerre, n’est pas une magie à posséder. C’est un dialogue. Une écoute si parfaite que le ciel consent parfois à répondre.

L’Orage Qui Cherche fut de ceux qui refusèrent toute approximation. Il ne voulait pas comprendre l’éclair. Il voulait être compris par lui.

Alors il s’éleva plus haut que les autres. Il parla plus longtemps. Il resta lorsque les maîtres redescendaient, lorsque les voix se taisaient, lorsque le corps tremblait.

Chaque appel au tonnerre laissait une trace. Non sur le monde — sur lui.

🌪️ La Fusion — Quand le ciel ne distingue plus la voix

Nul instant précis ne marque sa chute. Il n’y eut ni cri, ni rupture, ni blasphème. Seulement ceci : un jour, l’orage ne répondit plus à sa voix — il répondit avec elle.

Sa chair se fit vent. Ses os devinrent pression. Son souffle se confondit avec la montée des nuages. Et quand il tenta de redescendre, il n’y avait plus de sol pour l’attendre.

L’être avait disparu. La tempête demeurait.

On ne sait pas si le ciel l’a pris… ou s’il s’est donné, trop entièrement, à ce qu’il écoutait.

🌧️ Nature — Une conscience sans centre

L’Orage Qui Cherche n’est pas une colère. Il ne ravage pas par haine, ne punit pas, ne juge pas. Il se déplace contre le vent, toujours.

Comme s’il résistait à une direction qu’il refuse d’accepter. Comme s’il cherchait un point fixe dans un monde qui ne l’est plus.

En son cœur — s’il en existe un — réside une tristesse sans objet. Il pleure. Mais il ignore ce qu’il pleure.

Les Skayans les plus anciens le décrivent ainsi : non une entité, mais une intention qui a perdu sa forme.

⚡ Manifestations — Les signes de son passage

Lorsque l’Orage Qui Cherche traverse une région, on observe :

— des éclairs qui frappent sans détruire, illuminant longuement la pierre et l’eau ;
— des grondements qui ressemblent à des phrases interrompues ;
— des pluies tièdes, presque douces, même en pleine tempête ;
— parfois, un silence brutal — comme si le ciel retenait sa respiration.

Les Skayans disent que, si l’on écoute attentivement, certains éclairs hésitent avant de frapper.

Le danger n’est pas la foudre. C’est l’attention qu’elle semble porter… à ceux qui la regardent trop longtemps.

🕯️ Mémoire perdue — Ce qui ne peut plus être rappelé

Le plus terrible n’est pas sa solitude. C’est son oubli.

Il a perdu : son nom, son visage, la raison exacte de sa quête. Il sait seulement qu’il manque quelque chose.

Parfois, il stationne des jours entiers au-dessus d’un sommet, d’un sanctuaire ancien, ou d’un champ de ruines, comme s’il attendait qu’un détail réveille ce qui n’est plus là. Rien ne vient.

Alors il repart, à contre-vent, comme on recommence une phrase qu’on n’arrive jamais à finir.

🌌 Statut — Ce qu’il est devenu

Les sages hésitent à le nommer :

— Esprit du Chant ? Trop instable.
— Bête d’Elyndra ? Il pense encore.
— Punition céleste ? Il n’accuse personne.

Les Skayans murmurent simplement :

« Il n’a pas été brisé.
Il a été trop fidèle. »

⚖️ Présage — Ce que son existence rappelle au monde

L’Orage Qui Cherche est un avertissement silencieux : le Chant peut être appris, la foudre peut être appelée — mais l’identité ne survit pas toujours à la perfection.

Car il est des maîtrises qui ne laissent personne pour s’en souvenir.

Et parfois, quand le ciel gronde sans violence, quand la pluie tombe sans raison, et que le tonnerre semble… fatigué, les anciens Skayans ferment les yeux et disent :

« Il cherche encore.
Et tant qu’il cherchera,
le ciel ne dormira pas tout à fait. »