📜 Lore canon d’Elserath 📜

Chapitre II : Cosmogonie et Mythes Fondateurs

🌌 Avant la lumière : le Silence originel

Avant le monde, il n’y avait rien. Pas même le vide — seulement le Silence, un abîme sans fond ni fin.

De ce silence naquit une vibration, puis une note, pure et isolée : le Premier Chant. C’est lui qui fendit l’immobile ténèbre et engendra la Source, souffle d’harmonie d’où jaillit toute existence.

La Source n’est ni dieu ni matière : Elle est la musique du réel, la trame invisible reliant chaque chose. Là où elle coule librement, naissent les miracles. Là où elle s’étouffe, surgissent la corruption et la dissonance.

☀️ Les Huit Primordiaux — Les Voix de la Source

Puis la source créa une deuxième note.

Cette note unique se déploya, se dédoubla, se réinventa — Et de son écho surgirent huit chants, huit cœurs liées par une même harmonie.

Des voix conscientes, des âmes de musique et de lumière. On les appela les Primordiaux, mais dans les temps anciens, on disait seulement :

“Les Huit qui chantèrent le monde.”

Elyon fut le premier à s’éveiller. Son rire fendit les ténèbres, et la lumière s’épanouit comme un feu nouveau. Là où passait son souffle, la matière s’échauffait, les ombres se retiraient, et les graines de la vie attendaient déjà le jour. Il fut l’aube du monde, le cœur ardent du commencement.

Nareth s’éveilla à son tour, pour donner sens à la lumière d’Elyon. De ses doigts d’argent, elle tissa les fils invisibles du destin, reliant entre elles les choses qui ne se connaissaient pas encore. Sous son regard, chaque être trouva une place, chaque souffle un écho. Elle chanta l’ordre, mais aussi le hasard — Car pour elle, le chaos est un fil mal compris.

Kaelgor, le Forgeron des profondeurs, fit alors gronder sa voix. Ses paroles résonnaient comme des marteaux dans le néant. Chaque coup fit jaillir une étincelle, un rocher, une étoile. Il donna aux montagnes leur ossature et au feu sa chaleur. Son chant est encore enfoui dans la lave et la roche.

Puis vint Liréa, la Mère des Océans. Elle effleura la pierre brûlante, et de sa caresse jaillirent les mers. Ses larmes formèrent les océans, et son rire, la pluie. Elle chanta la mémoire et la tendresse, et le monde apprit à se souvenir.

Thal suivit, vif et impétueux. Son chant n’était pas ordre, mais mouvement. Il dispersa la poussière, plia les forêts, fit danser les nuages. Il donna au monde le vent, le voyage et la liberté. Sous sa voix, tout se mit à changer — rien ne resta jamais figé.

Alors parut Oris, le Veilleur du Temps. Là où tous chantaient, il écouta. Il posa sa main sur les éléments et dit doucement :

“Tout ce qui s’élève retombera,
Tout ce qui brûle deviendra cendre,
Et de la cendre naîtra le jour.”

Ainsi le temps se mit à couler, patient, inarrêtable, comme la respiration d’un dieu endormi.

Vael, la sœur de la Nuit, suivit Oris dans le silence. Elle ouvrit le voile du ciel et dévoila les étoiles. Elle fit du rêve un refuge, et de l’ombre une promesse. Sous son regard, les mortels apprirent à fermer les yeux sans craindre le noir. Elle chanta la beauté de ce qui se cache, la vérité du secret et la sagesse du mystère.

Enfin vint Elyndra, la dernière, la plus douce. Son chant n’était ni cri, ni ordre, ni flamme — Mais un souffle tendre et fragile. Et de ce souffle naquirent le frisson, la feuille, le cœur et la chair. Elle donna au monde la compassion et la croissance, tissant entre les sept autres voix un lien d’amour et d’équilibre.

“Que chaque être porte en lui la trace d’un autre.”

Ainsi s’unirent les huit voix, et leurs chants se mêlèrent en une symphonie si parfaite que même la Source s’arrêta pour écouter. De leur harmonie naquit Elserath, le monde vivant, fruit d’un souffle et d’un accord.

Et lorsque leur chant s’acheva, le silence se fit à nouveau — Mais désormais, ce silence avait un cœur.

🌍 La Naissance d’Elserath

Quand la symphonie des Primordiaux atteignit son apogée, la Source jaillit en un torrent doré et créa Elserath, le monde tangible. Les montagnes s’élevèrent comme des notes graves, les mers s’étendirent comme des nappes d’argent, et le vent souffla comme une harpe invisible.

Les huit voix se mêlèrent alors une dernière fois Pour bénir le monde de leur essence : La chaleur d'Elyon, l’ordre de Nareth, la patience de Kaelgor, La mémoire de Liréa, la liberté de Thal, La sagesse d’Oris, le mystère de Vael, et la douceur d’Elyndra.

De cette union naquit un monde d’équilibre, où chaque chose portait la trace d’une autre, et où la magie n’était pas artifice, mais respiration.