🌫️ Amalir — Le Pas-Sans-Poids
Projection d’Asha — L’Écho qui Marche
Amalir apparaît parfois au bord d’un rivage, ou dans l’ombre mouvante d’un sous-bois. On ne le voit jamais arriver : on réalise seulement, soudain, qu’il est là.
Ses traits sont doux mais insaisissables ; le regard glisse dessus comme sur une onde.
Ses yeux portent une lumière pâle, un reflet qui semble venu de Lysséa — pas la mer elle-même, mais son souvenir.
Sa silhouette tremble parfois, très légèrement, comme une image qu’on observe à travers de l’eau en mouvement.
Sa voix est calme, presque musicale, et n’a jamais l’air de venir d’un corps qui respire.
🌬️ Une présence sans poids
Les êtres sensibles au Chant sentent immédiatement quelque chose d’anormal : Amalir existe, mais il ne pèse presque rien sur le monde.
Tous décrivent la même sensation :
« Comme si quelqu’un se souvenait de toi avant même de connaître ton nom. »
Les Aelran, proches des Djinns dans la nature de leur voix, sont les seuls à parler franchement :
« Nous avons déjà vu ce reflet autrefois. »
Ils comprennent — ou pressentent — que cette vibration particulière n’appartient qu’à ceux qui furent créés dans les premiers chants du monde.
🜁 Nature véritable — L’Émanation d’Asha
Amalir n’est pas un être indépendant, mais la projection de l’esprit d’Asha, le dernier Djinn vivant.
Contrairement à ce que certains racontent, la mer de Lysséa ne retient pas Asha prisonnier. Elle le protège. Elle conserve son souffle. Mais elle ne l’enferme pas.
S’il reste dans son sanctuaire, c’est parce que :
- l’Éclipse des Voix l’a marqué plus profondément que n’importe quel être du monde ;
- ses frères et sœurs Djinns ont disparu ;
- le Silence né de cette catastrophe lui rappelle que chaque pas dans le monde pourrait être un risque ;
- il sait qu’il n’a rien à gagner à quitter son refuge… et tout à perdre.
Alors, plutôt que de s’aventurer lui-même, Asha crée Amalir — une part de lui, séparée, atténuée, qui peut marcher sans danger.
Amalir, en retour, se fait l’écho fidèle du monde extérieur : un regard, un souffle, une main tendue à la réalité dont Asha s’éloigne depuis des siècles.
🜂 Blessures, disparition, renaissance
Bien qu’il soit une projection, Amalir peut être blessé, tranché, brisé. Mais aucune douleur ne l’atteint : la souffrance appartient aux corps, et il n’en a pas.
Les plaies non mortelles se referment en un souffle.
Les membres perdus se reforment comme de l’eau reprenant sa forme.
Les impacts glissent sur lui comme sur un rêve.
Mais chaque régénération lui coûte l’énergie qu’Asha lui prélève depuis le sanctuaire.
S’il subit une blessure mortelle, ou si son énergie se vide :
- il ne meurt pas ;
- il se dissout lentement, comme une image qu’on efface ;
- puis il réapparaît lorsque le Djinn lui redonne souffle.
Ainsi va la vie d’un reflet : jamais vraiment mort, jamais vraiment vivant.
🔤 Magie des Noms — L’Art Masqué
Comme émanation d’Asha, Amalir maîtrise naturellement la Magie des Noms. Mais il ne peut pas l’employer ouvertement : le moindre usage pur révélerait sa nature véritable.
Alors il détourne les formules, voile les sonorités, et ne laisse jamais voir la racine de ses miracles.
Pour un œil profane, ce sont des coïncidences. Pour un Aelran, c’est une évidence.
Amalir est la preuve vivante que le dernier Djinn n’a pas éteint sa lumière — il l’a simplement rendue discrète.