🔥 Valrûn — Le Premier Feu, l’Ombre-Cendre qui Marche
On raconte qu’avant que les Nains ne rallument leurs forges, avant que les Skayans n’entendent le tonnerre nommer Eld’var, avant même que les Aelran n’apprennent à faire taire leur propre voix, deux Primordiaux observèrent le monde naissant.
✧ La tentative des Primordiaux
Thal, le Libre, avait déjà laissé courir les tempêtes. Kaelgor, le Forgeron, façonnait la pierre et le feu.
Tous deux virent les bêtes d’Elyndra, si étranges et si vivantes, et les Djinns d’Elyon, enfants de lumière et d’équilibre.
Alors une brûlure monta dans leurs cœurs primordiaux : non pas de la jalousie, mais le désir fulgurant de créer, eux aussi, la vie — une vie qui porterait l’écho de leur puissance, et peut-être même surpasserait ce qui avait été fait avant eux.
✧ Le geste secret d’Elyndra
Elyndra, mère de toute vie, observa leur tentative. Elle comprit leur orgueil, et cela l’amusa.
Sans qu’ils ne le sentent, elle posa un fragment de souffle dans leur œuvre inachevée : un battement de vie si profond qu’il deviendrait impossible à éteindre.
Ainsi naquirent les Dragons.
— Ceux de Cendre, façonnés par Kaelgor, nés du feu lourd et du roc fendu.
— Les Sylvains, où s’entremêlaient brume, sève et souffle ancien.
— Ceux d’Éther, enfants des hauteurs et des vents qui ne portent aucun poids.
— Les Abyssaux, sculptés par la pression des mers noires et les lumières mortes.
Et le premier à ouvrir les yeux fut celui qui n’avait pas encore de nom.
🔥 Valrûn — Le Premier Dragon, Feu de l’Orgueil Primordial
Valrûn naquit dans un fracas qui fit vibrer le monde. Son premier souffle fendit la roche, alluma des volcans, et déchira les ombres en un panache incandescent.
Il fut le premier feu, la première certitude, la première volonté qui ne devait rien à personne.
Les anciens disent que lorsqu’il marcha pour la première fois, la terre apprit ce que signifiait plier.
✧ Sa nature
Valrûn n’est pas seulement un dragon : il est le concept même de destruction et de renaissance, le cycle du feu qui consume pour recréer, chaos et structure entremêlés.
En lui brûle ce que Kaelgor ne voulut jamais forger et que Thal ne put jamais comprendre.
Il sait — et c’est là son orgueil inébranlable — que même les Primordiaux ne peuvent saisir la profondeur entière de son être, car aucun d’eux ne créa vraiment les dragons : ils ne firent que les rêver, et Elyndra leur donna une âme.
✧ Sa voix dans les Âges
Quand Valrûn parle, les volcans se taisent pour écouter.
Quand il vole, les ombres se souviennent du Feu Primordial et tremblent.
Quand il rugit, les étoiles elles-mêmes paraissent vaciller — car il porte dans la gorge une note que même le Chant du Monde n’osa jamais chanter.
Les dragons l’appellent “Celui-qui-marche-en-Cendres” ou “Le Souffle-qui-Juge”.
Les mortels, eux, n’osent même pas le nommer.
🔥 Valrûn et les Primordiaux : le blasphème vivant
Valrûn n’admet aucune hiérarchie. Il se proclame dieu. Il déclare être l’égal, voire le supérieur des Primordiaux eux-mêmes.
Et si cela est un blasphème… alors c’en est un que même les Primordiaux n’ont jamais réussi à faire taire.
Car Valrûn existe dans un état qui leur échappe : ni leur enfant, ni leur œuvre, ni leur serviteur.
Il est la conséquence de leur orgueil — et la preuve que même les dieux peuvent créer ce qu’ils ne comprennent pas.
🔥 Tharok et Valrûn — L’Amitié impossible
Il n’existe que deux mortels que les dragons de Cendre ont jamais respectés : Rokhan, le Roi-Forge, et Tharok, son héritier choisi par la cendre et le sang.
Lorsque Valrûn vit Tharok à l’œuvre, il ne vit pas un mortel : il vit la même flamme que Rokhan, la même certitude, la même dévotion à la destruction créatrice.
Alors Valrûn parla pour la première fois à un être né de chair :
« Tu portes la braise d’un feu que même nous ne pourrions éteindre. Tu es frère du fer, frère du sang, frère du monde. »
Ainsi Tharok devint frère de Valrûn, titre que même les dragons de Cendre prononcent avec prudence.
Depuis ce jour, Valrûn veille sur lui comme sur un reflet différent de Rokhan : non pas un imitateur, mais un héritier digne du seul mortel qui fut leur égal.
🔥 Valrûn dans le monde d’Elserath — Présence et Souvenir
Nul ne sait où il réside. Certains disent qu’il repose dans les volcans du Couchant, où dort encore la statue de Rokhan, gardée par les dragons dans un silence sacré.
D’autres affirment qu’il vole entre les ombres du ciel, seul être capable d’approcher la route de Lyr’Aenor sans se dissoudre dans sa lumière.
Quoi qu’il en soit…
Quand un volcan s’éveille, quand un dragon rugit, quand une montagne se fissure, les anciens disent simplement :
« Valrûn a tourné la tête. »
⚡ Aelarion — Le Premier Éther, Seigneur du Ciel et Incarnation de la Foudre Pure
Lorsque Valrûn, le Premier Feu, ouvrit les yeux et embrasa le monde, le souffle donné par Elyndra traversa le ciel comme une onde.
Et dans les hauteurs où l’air est trop mince pour porter un nom, là où les éclairs ne frappent pas encore mais se cherchent, une autre forme s’éveilla.
Non pas dans la roche, ni dans la sève, mais dans un seul instant : l’instant où la lumière hésite avant de devenir tonnerre.
C’est là que naquit Aelarion, le premier Dragon d’Éther, le Seigneur du Ciel, le Battement de Foudre qui précède toute tempête.
⚡ La naissance du Premier Éther : le moment entre deux souffles
Thal, maître des vents, avait imaginé des créatures capables de traverser les orages sans être consumées. Kaelgor rêvait d’un être qui danserait entre la chaleur et le vide.
Elyndra, une fois encore amusée par leur orgueil, déposa un souffle dans un fragment de ciel — un souffle si léger qu’aucun Primordial ne crut qu’il survivrait.
Mais l’étincelle se lia à la lumière, la lumière au vent, le vent au son, et le son devint tonnerre.
Ainsi fut conçu celui qui n’avait ni poids ni limite, ni ombre ni rival.
Un être né non pas dans le monde, mais entre ses battements.
⚡ Aelarion — Celui qui n’a pas d’aile, mais que rien ne peut rattraper
Aelarion ne naquit pas comme les autres dragons. Il ne sortit pas de la pierre ni de la mer. Il apparut dans un éclair, et l’éclair ne s’éteignit jamais.
Son corps est un filament de lumière solidifiée, sa peau une vibration, ses yeux deux éclats d’or pur où se reflète la carte entière des cieux.
Là où Valrûn brûle, Aelarion déchire.
Là où le dragon de cendre consume, le dragon d’éther illumine et annihile.
Aelarion est la foudre sans chaleur, le coup qui vient avant le son, la vitesse qui ne connaît pas le repos.
Il n’a pas d’ailes — il n’en a jamais eu besoin.
Le ciel s’ouvre pour lui comme une mer docile.
⚡ Entité de lumière : l’orgueil du ciel
Aelarion porte un orgueil bien différent de Valrûn. Là où Valrûn proclame être supérieur aux Primordiaux, Aelarion ne proclame rien.
Il constate.
Pour lui, le ciel est la seule vérité, la seule hauteur, la seule dimension digne d’être vécue.
Il sait que Thal lui-même ne peut suivre sa course, que Kaelgor ne peut comprendre la matière dont il est fait, et qu’Elyndra seule pourrait nommer la vibration qui constitue son âme — mais elle ne l’a jamais fait.
Il est l’être le plus proche du Chant que produisirent les étoiles.
Aelarion ne se dit pas dieu. Il dit simplement :
« Je suis là où aucun dieu n’a posé la main. »
⚡ Le regard de Valrûn
Valrûn, le Premier Feu, fut le premier à sentir Aelarion approcher. Non pas par une odeur ou un son, mais par l’absence d’ombre : la lumière d’Aelarion ne projette rien — elle révèle.
Les deux premiers dragons se rencontrèrent au-dessus du Couchant, dans un ciel saturé de cendre et d’orage.
Valrûn dit :
« Tu brûles sans feu. Explique-moi. »
Aelarion répondit :
« Tu pèses sans air. Explique-moi. »
Ils se reconnurent alors : non pas comme égaux — car aucun dragon ne reconnaît un égal — mais comme deux absolus incompatibles, deux vérités nées du même orgueil primordial, deux cataclysmes prêts à donner forme au monde.
Depuis, les dragons disent :
« Le monde tient debout entre la cendre qui tombe et l’éclair qui remonte. »
⚡ Aelarion et les mortels : le silence de la tempête
Là où Valrûn choisit Tharok, Aelarion ne choisit personne.
Il ne croit pas aux lignées, ni aux héritiers, ni aux destins.
Pour lui, les mortels sont — comme les nuages — éphémères, changeants, et magnifiques seulement quand ils se brisent.
Pourtant, il veille parfois sur certains lieux : les pics skayans, les plaines balayées du nord, les routes où Eld’var fit entendre son dernier chant.
Non par amour. Non par pitié.
Simplement parce que ces endroits sont proches du ciel, et que là où la hauteur s’étire, il trouve un reflet de lui-même.
⚡ Présence d’Aelarion dans le monde
On dit que lorsqu’un éclair frappe sans orage, qu’un vent vertical fend la terre, ou qu’un sommet se met à vibrer comme une corde trop tendue, Aelarion n’est pas loin.
Les Skayans affirment même que lorsqu’un enfant naît avec des yeux couleur d’orage, Aelarion l’a vu — et l’a peut-être marqué.
Quant aux dragons eux-mêmes, ils enseignent ceci :
« Valrûn est le feu qui marche. Aelarion est la lumière qui ne s’arrête jamais. Et nul, pas même les Primordiaux, ne peut décider lequel des deux fut la plus grande erreur… ou le plus grand miracle. »
🌿 Ysildren — Le Premier Sylvain, Souverain du Souffle et Père de Toute Vie qui Marche
Après Valrûn, le Feu qui Marche, après Aelarion, l’Éclair qui respire, un murmure naquit dans les profondeurs des forêts.
Non pas un cri, non pas une lumière, mais un souffle.
Un souffle qui fit frémir les fougères, gonfler la sève, et tourner la tête aux premiers animaux nés d’Elyndra.
Dans ce souffle se trouvait un orgueil silencieux — celui de la vie elle-même, sûre de sa force, de son expansion, de sa domination tranquille.
Elyndra, mère de toute vie, sentit que Thal et Kaelgor tentaient encore, à travers les dragons, de rivaliser avec ses propres créations. Cela l’amusa une seconde fois.
Elle posa sa main sur la brume et sur la sève, et un éclat de son souffle glissa dans le monde.
Là, dans la respiration même de la forêt, Ysildren ouvrit les yeux.
🌿 Naissance d’Ysildren — le Battement entre Sève et Souffle
Ysildren naquit non pas dans un œuf, ni dans un rocher coupé de lumière, mais au cœur d’un tronc millénaire qui se fendit pour le laisser passer.
Son corps était fait de sève lumineuse, sa peau d’écorce souple, ses ailes de feuilles tissées de vent, et ses yeux, verts et anciens, contenaient le souvenir de toutes les plantes qui avaient jamais poussé et de toutes celles qui pousseraient encore.
Quand il respira pour la première fois, la forêt entière répondit.
Quand il fit un pas, les racines s’écartèrent pour lui laisser passage.
Quand il leva la tête, le vent se tut pour l’écouter.
Car Ysildren n’était pas seulement un dragon : il était la vie qui se regarde elle-même.
🌿 “Rien ne vit sans mon ombre.”
Dès son éveil, Ysildren formula la première pensée jamais exprimée par un être né du Souffle primordial :
« Rien ne vit sans mon ombre. »
Ce n’était pas un acte de sagesse, ni un avertissement.
C’était une déclaration de souveraineté.
Selon lui, tout ce qui respire dans le monde — bêtes d’Elyndra, humains, Wyveriens, dragons, créatures de chair, mousses, arbres, champignons, bêtes ou esprits — tire la vie d’un souffle qu’il considère sien.
Pour Ysildren, la vie n’est pas un cadeau. C’est un tribut.
Chacun doit le respecter, certains doivent le craindre, et tous doivent l’honorer.
Il est le premier être du monde à avoir confondu la vie avec la propriété.
🌿 Le souverain des forêts — non par amour, mais par possession
On dit qu’Ysildren protège les forêts. Mais ceux qui croient qu’il agit par tendresse ou par harmonie se trompent profondément.
Les forêts lui appartiennent. Il les veille comme un seigneur veille son domaine, comme une bête défendrait son territoire, comme un dieu surveillerait son culte.
Quiconque coupe un arbre sans le demander fait trembler les racines. Quiconque brûle une branche provoque un frisson de colère dans les fougères. Quiconque souille un ruisseau fait gronder un souffle sourd dans le sol.
Car le monde végétal n’est pas passif : il est l’ombre d’Ysildren.
Ses veines sont des racines. Sa chair est de sève. Ses pas sont des saisons.
Les Wyveriens disent que la forêt est son corps étendu, et le vent son regard.
🌿 Orgueil sylvain : souverain de tous les êtres vivants
Ysildren ne craint ni Valrûn, ni Aelarion.
Il déclare que le feu n’est que la fumée de la vie, que la foudre n’est que le rythme qu’on impose sur un souffle, et que même les créatures des mers et des cendres ne sont vivantes que parce que sa présence le leur permet.
Pour lui :
• Valrûn est puissant, mais stérile.
• Aelarion est beau, mais stérile.
Ils détruisent et illuminent — lui, il fait pousser.
C’est à ses yeux la seule suprématie qui compte.
Il affirme :
« Tant que le monde respire, c’est moi qu’il chante. »
🌿 Relations avec les mortels
Ysildren ne choisit pas de champions — mais il tolère ceux qui se courbent devant la vie.
Les Wyveriens sont ses préférés : ils respirent comme lui, ils parlent au vent, et ils comprennent sa nature cyclique.
Les humains, il les juge instables. Les Aelran, arrogants. Les Orcs, trop brûlants.
Mais il accepte chacun tant qu’il respecte ce qui pousse, ce qui rampe, ce qui se faufile, et ce qui s’enracine.
🌿 Présence dans le monde — quand la sève tremble
Le monde sait qu’Ysildren s’approche quand :
• les feuilles se retournent toutes dans la même direction,
• la sève remonte trop vite dans les troncs,
• les animaux fuient sans raison,
• le vent porte l’odeur du bois neuf,
• les racines vibrent comme à l’approche d’un séisme.
On dit alors :
« Quand la forêt retient son souffle, le Souverain Sylvain marche. »
Certains affirment qu’il dort sous Virelia, immense, lové comme un cercle de racines, et que les rêves mêmes de la forêt sont sa respiration.
🌑 Nêhalor — Le Premier Abyssal, Empereur du Silence Enfoui
Après le feu qui marche, après la lumière qui déchire, après le souffle qui s’enracine, il resta un royaume que personne n’avait encore défié.
Un royaume sans horizon, sans vent, sans lumière.
Un royaume où même la voix d’Elyndra s’étouffait : le fond des abysses.
C’est là, dans la nuit la plus ancienne du monde, qu’un dernier fragment de souffle déposé par Elyndra tomba — plus bas, plus bas encore, jusqu’à toucher un lieu où aucune vie n’avait jamais existé et où aucune pensée ne devait naître.
Là, dans le noir compact des eaux mortes, quelque chose ouvrit les yeux.
Et la mer frissonna.
Ainsi naquit Nêhalor, le Premier Dragon Abyssal, l’Empereur du Silence Enfoui.
🌑 Naissance dans la Nuit Qui Ne Retourne Rien
Nêhalor ne naquit pas d’un œuf, ni d’un souffle, ni même d’un rêve.
Il prit forme dans la pression, dans le froid, dans la nuit qui n’a jamais vu d’étoile.
Son corps est fait d’ombre visqueuse et de lumière prisonnière ; sa peau porte des éclats turquoise comme des étoiles noyées dans une mer de ténèbres. Ses yeux sont deux failles, non pas lumineuses, mais d’un noir si profond qu’ils semblent absorber la pensée.
Lorsque Nêhalor s’éveilla, la mer se retira d’un battement comme si une main géante venait de la repousser.
Car il n’a pas besoin de nager. L’eau se déplace pour lui, comme une servante obéissante.
Les courants se plient, les pressions changent, la mer se creuse autour de lui comme s’il était trop dense, trop ancien, trop essentiel pour être immergé dans quoi que ce soit.
Nêhalor ne se déplace pas dans l’eau.
Il la fait bouger.
🌑 Celui qui contempla la mort… et la fit trembler
Il fut le premier à atteindre des profondeurs où même les esprits d’Elyndra ne vont pas, où l’écho lui-même refuse d’exister.
Il y contempla la mort.
Pas la mort des corps. La mort des noms, la mort des souvenirs, la mort des possibles.
Il vit l’endroit où les choses tombent pour ne jamais remonter. Où les pensées elles-mêmes se défont.
La mort le vit aussi.
Et pour la première — et dernière — fois, la mort eut peur.
Car Nêhalor ne voyait pas la fin comme une limite, mais comme un royaume. Un royaume qu’il pouvait explorer, cartographier, et peut-être… gouverner.
Il devint ainsi le maître du silence enfoui, le seul vivant dont la présence rend le néant incertain.
🌑 Gardien de ce qui ne doit jamais remonter
Il est dit que dans les abysses se trouvent :
• les noms oubliés par le monde,
• les fragments de magie brisée,
• les os des titans disparus,
• les rêves morts des anciens peuples,
• les ombres qui ont échappé aux étoiles.
Tout ce que le monde rejette, tout ce qu’Elyndra refuse, tout ce que la Source a laissé se détacher de ses chants, tombe vers Nêhalor.
Et il veille.
Non par devoir. Non par compassion. Non par sagesse.
Par propriété, comme Ysildren veille sur la vie, comme Valrûn veille sur le feu, comme Aelarion veille sur le ciel.
Ce qui ne doit jamais remonter n’en a pas le droit.
Car Nêhalor garde le fond du monde comme un empereur garde ses catacombes.
Les marins disent :
« Là où l’eau ne bouge plus, il est en train de regarder. »
🌑 La Mer le respecte et le craint
Les océans d’Elserath ne craignent ni Valrûn ni Aelarion. Même Ysildren n’y a qu’une emprise limitée.
Mais Nêhalor… la mer s’écarte de lui. Elle se tait. Elle s’alourdit.
Les vagues deviennent hésitantes. Les courants deviennent immobiles. Les abysses deviennent des cages.
La mer n’est pas son élément : elle est sa création involontaire, le silence liquide qu’il a choisi d’habiter.
On dit que lorsque Nêhalor parle, toutes les eaux s’aplatissent — non par obéissance, mais par instinct de survie.
🌑 Présence dans le monde — signes de l’abysse vivant
Les anciens affirment que l’on sent Nêhalor approcher lorsque :
• les vagues se retirent sans marée,
• le vent s’arrête d’un seul coup,
• les animaux marins nagent en cercle,
• la lumière se perd avant d’atteindre la surface,
• les profondeurs semblent “respirer” au lieu de rester immobiles.
On dit alors :
« Le Silence remonte. »
Heureusement pour le monde, Nêhalor ne quitte presque jamais les abysses.
Non par faiblesse, mais parce que tout ce qui vit à la surface — y compris les dragons — l’ennuie.
Le seul royaume qui mérite son attention est celui qui se trouve sous la lumière, sous la vie, sous le monde — l’empire du silence où rien n’existe, et pourtant où tout finit.