🌊 Annexe VIII – Les Lireathis

la mémoire personnifiée

1. 🌊 Origines — Ceux que la mer a pensés

« tout ce qui s’oublie à la surface, renaît dans les profondeurs. »
— proverbe des abysses de Lysséa
« tant qu’il y aura une mer, nul ne sera oublié. »
— serment ancien des oracles

lorsque les Primordiaux façonnèrent le monde, Liréa, mère des ondes, offrit à Elyndra la caresse des marées pour bercer la vie. De cette alliance entre l’eau qui entoure et la vie qui surgit naquit bien plus tard un peuple à part : les Lireathi, enfants de l’eau et du souvenir du monde.

Ils furent les avant-derniers des peuples façonnés avant la Fracture du Ciel. Ils n’apparurent ni sur les hauteurs, ni dans les forêts, mais dans cet entre-deux où la lumière s’épuise et où le monde devient presque mémoire pure : les profondeurs de Lysséa.

Liréa ne les créa pas pour qu’ils dominent, mais pour qu’ils se souviennent. Là où les nains gardent la mémoire dans la pierre et les aelran dans les étoiles, les Lireathi la gardent dans ce qui ne peut jamais être saisi : l’eau qui passe, et ne revient jamais tout à fait la même.


2. 🪞 Nature et essence — Peuple-reflet

les Lireathi sont à la fois peuple et fonction. Ils ne cherchent ni empire, ni conquête, ni gloire. Leur rôle n’a jamais été de décider l’avenir, mais de refuser que le passé disparaisse.

leur essence repose sur trois axes :

  • eau : fluidité, adaptation, mouvement incessant.
  • souvenir : conservation de ce que le monde voudrait oublier.
  • reflet : vision indirecte, vérité vue à travers un miroir tremblant.

ils aiment dire :

« nous ne sommes pas ce que le monde voit,
mais ce qu’il refuse de regarder deux fois. »

ils considèrent que tout contact avec l’eau laisse une trace : un geste, un crime, une joie, un mensonge, un sacrifice. L’eau n’en garde pas la forme… mais elle en garde le goût. C’est cette saveur du passé qu’ils passent leur existence à écouter.


3. 🌬️ Morphologie — Chair de marée et d’écho

les Lireathi sont d’apparence presque humaine, mais la mer les a marqués partout.

Taille et corps

Caractéristique Description
Taille 1m60 à 1m80, silhouettes fines, souples.
Peau Nacrée, aux reflets bleus, argentés ou verdâtres (selon les familles). Révèle des motifs d'écailles fines sous l'eau.
Cheveux Blancs, argent, bleus profonds — toujours légèrement humides.
Yeux Clairs, iris irisés comme la nacre. Chez les oracles, l’iris semble onduler.
Voix Douce, résonnante, souvent doublée d’un léger écho.
Longévité Jusqu’à cinq siècles. Les plus anciens deviennent lents, leurs pupilles s’éclaircissant jusqu’au blanc d’écume.

Particularités physiques et aquatiques

Particularité Détails
Aura fluide À la lueur tremblée, leur silhouette paraît se dédoubler, comme un reflet.
Marque de naissance Une minuscule larme pâle gravée sur la nuque, visible uniquement lorsqu’ils sont immergés.
Adaptations (variables) Branchies fines à la base du cou, membranes natatoires entre les doigts, nageoires translucides (chez ceux nés des abysses).

ils semblent fragiles, mais leurs corps sont faits pour supporter la pression, le froid, la nuit liquide et l’écrasante présence des profondeurs.


4. 🌊 Territoires — Mer et Rives de Lysséa

Le domaine des Lireathi n’est pas un simple territoire : c’est une mémoire géographique. Chaque rivage conserve un récit, chaque courant transporte un nom, chaque profondeur murmure une époque.

On dit que Lysséa n’est pas seulement leur mer — mais leur livre.

  • les rives sculptées par les marées,
  • les fonds abyssaux où la lumière devient pensée,
  • les archipels mouvants,
  • et les sanctuaires où l’eau conserve ce que le monde oublie.

🌅 Les Rives — le Souffle des Marées

Les côtes de Lysséa sont bordées de cités-lagunes, qui semblent bâties mais jamais terminées. Les Lireathi n’érigent rien pour durer — ils façonnent pour accompagner.

  • Les Pierres-Claires — blocs polis par les vagues, servant de fondations mouvantes.
  • Les Pontons-Vivants — structures de bois flexible, qui se courbent avec les tempêtes.
  • Les Sanctuaires du Sel — autels ouverts, où chaque marée dépose un fragment d’histoire.

Aucune carte ne fixe leurs frontières : une tempête peut emporter une place entière, révélant une nouvelle anse. Pour les Lireathi, ce n’est pas une perte, mais un nouveau chapitre.


🌊 Les Profondeurs — Royaumes de Silences et de Chants

Sous Lysséa s’étend l’un des plus vastes territoires du monde : un empire immergé où la mer se fait cathédrale. Les Lireathi y vivent dans des cités bioluminescentes, sculptées dans la roche et fusionnées au corail vivant.

Ces cités ne sont pas conquises : elles sont négociées avec l’eau. Si la mer décide d’en reprendre une partie, nul ne proteste.

Les murs vibrent parfois d’un chœur imperceptible — car les fondations sont gravées de Lirea’Nym, la magie de la mémoire des marées.

  • Les Grottes-Lumières — cavernes baignées d’algues luminescentes, où les gardiens inscrivent les noms des disparus.
  • Les Arches Abyssales — ponts naturels sous lesquels circulent les processions silencieuses.
  • Les Canyons Noirs — abîmes si profonds que seuls les yeux lireathis peuvent y discerner les flux.

Un sanctuaire effondré n’est jamais reconstruit. On dit simplement : « Ce chapitre s’est refermé. »


🏛️ Les Sanctuaires-Mémoire

Certains lieux ne sont pas habités — uniquement vénérés.

  • Les Cryptes d’Eau — bassins immobiles, où stagnent des eaux antiques jamais renouvelées. Chaque goutte y contient un souvenir, parfois trop lourd pour être vu sans sombrer.
  • Les Bassins de Reflet — miroirs d’eau pure où les Oracles lisent des siècles entiers d’histoire.
  • Le Sommeil-Noir — récif de basalte où repose un Titan pétrifié par Shaal-Nyra. Nul autre peuple n’y entre, sous peine de voir son nom effacé par les courants.

🏙️ La Capitale Immergée — Aelyr’Théa, la Perle Éternelle

Aelyr’Théa est un miracle que seul l’océan peut porter. Capitale des Lireathi, elle repose dans une immense cuve naturelle de marbre bleu, à mi-profondeur entre la lumière du jour et la nuit abyssale.

On l’appelle la Perle Éternelle car son cœur est un dôme de nacre géant, poli par des siècles de courants. À l’intérieur :

  • le Grand Zéphyr — salle circulaire où les chants sont conservés sous forme d’échos liquides, audibles seulement à ceux qui savent écouter l’eau.
  • la Voûte d’Abyssine — bibliothèque vivante faite de filaments de corail, où chaque pulsation est un mot.
  • les Mille-Ponts — passages translucides reliant des tours de verre d’écume.

La ville semble faite de lumière solide. Les poissons y nagent comme des oiseaux. Les rues ondulent comme des prières. Et lorsqu’une immense marée vient la recouvrir entièrement, Aelyr’Théa devient un diamant bleu au cœur de l’obscurité.

On dit que tant que la Perle Éternelle brillera, le souvenir du monde ne pourra jamais mourir.

« Si la pierre garde la forme, la mer garde l’âme. »

5. 🌕 Société Lireathi — Entre Marées, Mémoire et Couronne

Les Lireathi vivent selon un principe immuable : « Rien ne reste, mais rien ne disparaît. » Pour eux, une société n’est pas un édifice fixe — c’est un courant. Elle se déplace, se transforme, écoute, se tait. Pourtant, au cœur de cet océan mouvant, se dresse une seule structure stable : la Couronne des Abysses.


👑 L’Aeryn-Seleen — Couronne des Abysses

Le souverain — roi ou reine — est reconnu comme le descendant direct du Premier Lireathi, façonné par la Mère des Océans. Mais cet héritage n’est jamais suffisant. Nul ne peut régner tant qu’il n’a pas maîtrisé le Lirea’Nym — la magie de la Mémoire des Marées — au point de dépasser ceux qui l’ont formé.

L’héritier est confié dès l’enfance au Cercle des Abysses, et suit des décennies d’entraînement : plongées silencieuses, lectures de courants mémoriels, veillées dans les Cryptes d’Eau, écoute des marées anciennes. Mais tant qu’il ne perçoit que ce que les Oracles perçoivent, il n’est qu’un élève.

C’est seulement le jour où il saisit une mémoire oubliée — un nom perdu, un courant invisible, un fragment de passé que nul maître n’avait vu — que la mer le reconnaît digne.

« Celui qui voit plus loin que la mer devient sa voix. »

Alors vient la Veillée des Abysses : les Oracles se taisent, s’inclinent, et proclament l’Aeryn-Seleen comme Couronne des Profondeurs. Il ne commande pas par force — il règne par vision.

Et si l’héritier n’atteint jamais ce seuil ? Alors il n’y a pas de couronnement. Les Lireathi peuvent attendre une génération… ou un siècle. L’eau ne se presse pas.


🔮 Les Oracles des Abysses — Ceux qui sont Appelés

Contrairement aux autres rôles, devenir Oracle ne s’apprend pas par volonté. On ne choisit pas cette voie — elle vous choisit. Les Lireathi affirment que certains entendent l’appel de la mer : un rêve d’eau noire, un frisson devant la houle, un nom murmuré sans voix.

Ceux qui ne sont pas appelés — même talentueux dans le Lirea’Nym — ne deviendront jamais Oracles. Le Cercle des Abysses n’admet que ceux que l’océan a désignés.

L’initiation est longue, souvent séculaire. Elle apprend non à manipuler le souvenir, mais à le porter sans le briser. Le Lirea’Nym permet de :

  • lire les traces émotionnelles laissées par les siècles,
  • retrouver des noms perdus si la mer les a portés,
  • percevoir les blessures du monde comme une dissonance dans l’eau,
  • voir le passé non en images, mais en courants mémoriels.

Mais il existe une règle sacrée :

« La mémoire n’est jamais corrigée. Elle est seulement révélée. »

C’est pourquoi les Oracles ne dirigent pas : ils interprètent. Ils lisent les marées, montrent le passé, avertissent des fractures du monde — mais ne dictent rien.


🌊 Les Courants — Peuple des Flux

Le reste du peuple se répartit en fonctions mouvantes, jamais définitives. On ne naît pas à une charge — on y dérive. L’eau décide.

  • Les Veilleurs de Rivage — guetteurs de la surface, guides des navires, premiers interlocuteurs des peuples terrestres.
  • Les Courants-Messagers — nageurs infatigables parcourant Lysséa pour transmettre nouvelles et décisions, utilisant un langage hydrique que seuls les Lireathi comprennent.
  • Les Garde-Courants — défenseurs sacrés des lieux de mémoire : Cryptes d’Eau, Bassins de Reflet, Cercle des Noms Muets, Sommeil-Noir. Ils sont prêts à mourir plutôt que de laisser un souvenir profané.
  • Les Ondes — représentants de chaque courant et région, envoyés lors des assemblées majeures.

Ces rôles ne sont pas hiérarchisés. Un Veilleur n’est ni inférieur ni supérieur à un Messager. Mais tous savent qu’au-dessus d’eux se tient une frontière sacrée : nul ne franchit le seuil des Oracles sans l’appel de la mer.


🏛️ La Confluence Royale — Décision Sans Hâte

Lorsque survient une crise, une découverte ou un choix irréversible, les Lireathi se réunissent dans les grandes salles submergées de la Confluence Royale. Elle réunit :

  • le Cercle des Abysses (les Oracles),
  • les Ondes (voix des courants),
  • et l’Aeryn-Seleen au centre.

Les Oracles y récitent ce que l’eau a montré — souvenirs révélés, noms ressurgis, cicatrices anciennes. Les Ondes débattent, parfois durant des décennies.

Puis l’Aeryn-Seleen parle — une seule phrase suffit.

« L’eau écoute longtemps, mais tranche d’un seul coup. »

💧 Vision du Pouvoir

Pour les Lireathi, gouverner ne signifie pas diriger, mais porter la mémoire. Le souverain n’est pas un maître : il est la voix de ce que l’eau n’a pas oublié.

Un jour, un Oracle dit :

« Le roi règne parce qu’il se souvient. La mer règne parce qu’elle n’oublie jamais. »

6. 🫧 Lirea’Nym — La mémoire des marées

🌊 Lirea’Nym est la magie des flots et du souvenir. Les Lireathi y lisent les mémoires contenues dans l’eau : le passé du monde, mais aussi celui de chaque être, chaque lieu, chaque chose…

grande oracle : Shaal-Nyra, garde-courant du Sommeil-Noir.

Lirea’Nym n’est pas une magie de commande. Les Lireathi ne disent pas « l’eau obéit ». Ils disent : « l’eau se souvient, et parfois nous montre. »

Principe

chaque phase de l’eau transporte des fragments de mémoire :

  • pluie,
  • neige fondue,
  • brume,
  • courants de surface,
  • courants abyssaux,
  • nappes souterraines.

les praticiens de Lirea’Nym apprennent :

  • à plonger leur conscience dans ces flux,
  • à y repérer des événements,
  • à faire ressortir une image, un son, un geste.

les plus puissants peuvent :

  • contempler la naissance d’une montagne,
  • revoir la main qui a commis un meurtre,
  • entendre la dernière prière d’un peuple disparu.

Limites et dangers

l’eau n’oublie rien, mais ne montre pas tout. Elle choisit ce qu’elle révèle. Elle mélange les époques, détourne, protège.

celui qui force la vision peut se faire rejeter — ou absorber.

ceux qui s’égarent trop profondément deviennent eux-mêmes un souvenir liquide : leur corps se vide, leur esprit se dilue dans les marées. On dit que certains récifs murmurent des noms qui n’existent plus que là, dans le ressac.

🌫️ Les Anar’Liréen — conteurs de flot

Graveurs de mémoire dans l’écume

parmi les praticiens de Lirea’Nym, il existe un ordre rare et révéré : les Anar’Liréen, appelés conteurs de flot. Là où les oracles lisent la mémoire contenue dans l’eau, les Anar’Liréen accomplissent l’inverse : ils offrent un souvenir au monde et le gravent dans la mer elle-même.

Leur art

ils murmurent une phrase, un nom, un récit au moment précis où une vague se brise. Leurs mots deviennent alors :

  • une ligne d’écume blanche,
  • un sillage de lumière,
  • un tourbillon de sel,

visible seulement l’espace d’un souffle… puis effacé par le mouvement de l’eau. Effacé pour les yeux. Pas pour la mer.

la mémoire ainsi inscrite reste dans les marées et réapparaît parfois, fugitive :

  • dans un reflet,
  • dans un remous,
  • dans un motif de mousse,
  • ou dans un son indistinct porté par la houle.

les gens du littoral disent :

« quand une vague parle,
c’est un Anar’Liréen qui se souvient. »

Leur rôle

les Anar’Liréen sont chargés de :

  • préserver les souvenirs trop fragiles (dernières volontés, serments d’enfants, récits que personne ne portera longtemps),
  • commémorer les morts inconnus,
  • graver les événements qu’aucune pierre ne saurait garder,
  • fixer les noms menacés par l’oubli.

ils ne laissent rien d’eux-mêmes : pas de livres, pas de tablettes, pas de monuments. Seulement des phrases d’écume, que la mer répétera jusqu’à la fin du monde.

Risques

graver un souvenir dans la mer exige d’offrir quelque chose en retour. Les Anar’Liréen donnent une part de leur propre mémoire : un visage, un lieu, un nom que la mer absorbe pour accepter d’en porter un autre.

les plus anciens ne se souviennent parfois plus que de leurs propres chants.

on dit d’eux :

« ils n’ont plus d’histoire,
car ils sont devenus le lieu où l’histoire vient dormir. »

7. 🌫️ La blessure du nom perdu — Deuil et identité

lorsque Liréa utilisa les derniers vestiges de mémoire portant son nom pour sauver Asha, dernier djinn, ce nom fut effacé à jamais du chant. Plus personne ne peut le prononcer ni même s’en souvenir clairement. Même la mer oublia la forme du son… mais pas la douleur de le perdre.

les Lireathi vivent depuis dans un deuil sans mot :

  • pas de tombe,
  • pas de nom,
  • pas de possibilité de prière classique.

ils disent que le sel de la mer provient des larmes anciennes versées pour un nom qu’on ne peut plus appeler.

La litanie du nom perdu

Chaque cycle de lune au crépuscule, les Lireathi entrent dans la mer jusqu’aux épaules, ferment les yeux et murmurent des pensées sans son.

Ils ne prononcent aucun nom. Ce sont des prières sans syllabe, offertes à la mère qui n’a plus de mot.

Une brume d’argent monte parfois des eaux ; certains affirment que les courants changent, comme si la mer retenait sa respiration pour écouter.

« nous ne parlons plus son nom,
mais elle nous entend encore. »

8. ⏳ Les Lireathi à travers les âges

Événement majeur Rôle et action des Lireathi Héritage/Conséquence
Fracture du Ciel Descendirent dans les abysses pour écouter les échos du monde brisé. Veillèrent à ce que les voix éteintes ne soient pas perdues. Gardiens des voix perdues dans l'entropie.
L’Âge des Titans Guidèrent des flottes par des passes secrètes grâce à leurs courants. Shaal-Nyra endormit un titan par le chant. Création du Sommeil-Noir (récif de basalte où dort le titan).
Éclipse des Voix Ils dressèrent le cercle des noms muets. Récitent la litanie pour Liréa et les voix aelran éteintes. Le cercle des noms muets (sept anneaux de courant gardant des fragments d'élynar).
Guerres d’Astral Officiellement neutres. Courants-messagers isolés prévinrent des villes côtières des effondrements. Capturèrent et conservèrent les dernières lumières d’Altherion tombées dans Lysséa.
Le chœur silencieux Témoins du sacrifice d’Eld’var. Sa lumière se refléta dans le courant d’argent. Le courant d’argent qui chante faiblement lors des orages.
La Grande Dissonance de l’Ouest Ne prirent pas les armes. Veillèrent les morts dans les zones corrompues. Leurs voix mêlées au ressac devinrent les chants funèbres des marées.

9. 💨 Relations avec les autres peuples

Nains — Frères de la mémoire solide

les nains trempent leurs runes neuves dans l’eau de Lysséa « pour qu’elles se souviennent avant d’exister ». Les Lireathi respectent leur mémoire gravée, les nains admirent la mémoire fluide des mers.

Wyveriens — Voix du souffle

entre souffle et vague, l’alliance est naturelle. Les wyveriens lisent le vent, les Lireathi lisent la mer ; leurs oracles et Ael’Varen se rencontrent parfois pour accorder les tempêtes.

Skayans — Fils de l’orage

les skayans jugent parfois les Lireathi trop passifs : « ils regardent le monde se noyer. »

les Lireathi répondent : « même la foudre finit par se refléter dans l’eau. »

mais dans les cimes, on reconnaît à contrecœur que, quand la pluie tombe, c’est la mer qui vient écouter les vivants.

Hommes — Héritiers du doute

ils recueillirent des rescapés d’Altherion, abritèrent les premiers héritiers du chant, et gardent sous leurs vagues le dernier portail d’Astral intact.

Aelran — Veilleurs du crépuscule

les Lireathi sont parmi les rares à pouvoir encore entendre les échos anciens de l’élynar à travers les reflets d’astre sur l’eau. Les aelran voient en eux des gardiens d’un miroir où se lisent encore leurs fautes et leurs douleurs.


10. 🌠 Lireathi célèbres — Noms qui ondulent encore

🐚 Shaal-Nyra — Aeryn-Seleen du Sommeil-Noir

Souveraine des Lireathi et plus grand maître du Lirea’Nym de son époque, Shaal-Nyra fut appelée par la mer dès l’enfance. On raconte que l’eau se figeait autour d’elle, comme si chaque vague retenait son souffle. C’est elle qui, en lisant la mémoire des abysses, comprit que le Titan du Sommeil-Noir ne pouvait être vaincu — seulement apaisé.

Par un rituel resté secret, elle plongea seule dans les profondeurs et tissa une mémoire si vaste que même la créature colossale se laissa entraîner dans un rêve sans fin. Depuis, près du récif noir, sa voix semble triple : une pour les vivants, une pour le Titan, et une pour la mer. Son règne est encore considéré comme l’un des plus silencieux — et des plus immenses.

« Ce que l’on n’endort pas se souvient pour toujours. »

🌫️ Ylmaré des Brumes — Première Voile-Mémoire

Ylmaré fut la première à comprendre que tout nom finit par se dissoudre, mais que la trace du nom demeure. Elle inventa les litanies du nom perdu : des chants destinés non à appeler un nom, mais à accueillir son absence. Par respect pour la Mère des Océans, dont le nom fut effacé pour sauver Asha, elle proposa de prier sans nom, afin d’honorer ce qui ne peut plus être prononcé.

Ses hymnes sont encore récités lors des marées mortes, quand l'eau semble immobile et que le monde retient sa mémoire.


🌊 Nairon des Reflets — Lecteur de Dissonances

Nairon maîtrisait une forme rare du Lirea’Nym : la capacité de lire non les souvenirs, mais leurs ruptures. En observant une goutte d’eau, il pouvait percevoir la trace d’un mensonge passé — non par magie coercitive, mais par la dissonance qu’un mensonge laisse dans la mémoire du monde.

Craint, rarement invité, mais jamais démenti, Nairon jugeait peu et révélait beaucoup. Son nom est encore prononcé à voix basse dans les Confluences où l’on craint de trahir la vérité.


🪞 Liraë-Dormeuse-des-Marées — L’Oraison Immobile

Liraë passa sa vie entière dans une seule Crypte d’Eau, convaincue que chaque goutte contenait un monde. Elle affirma avoir lu la vie entière d’un homme dans une larme tombée dans le bassin — non ses actes, mais son ressentiment, son regret, sa joie, sa trace.

À sa mort, la crypte devint parfaitement claire, comme si l’eau avait rendu tout souvenir à la mer. Depuis, elle est un lieu de silence absolu — nul n’ose y parler.


🌬️ Shaël-des-Flots — Conteur d’Écume

Premier Lireathi adopté par les Nains parmi les Conteurs, Shaël-des-Flots réussit l’impensable : traduire des hymnes abyssaux — faits d’eau et de silence — en runes d’écume et de feu. Les Nains virent en lui un pont entre deux mémoires : celle forgée dans la pierre, et celle portée par la mer.

Pour Shaël, la mer et la forge étaient sœurs — l’une dissout, l’autre grave, mais toutes deux transforment. Lorsqu’il mourut, les Conteurs nains frappèrent l’enclume trois fois : un hommage réservé à ceux que la mémoire ne pourra jamais engloutir.

« La mer et la forge racontent la même histoire, mais avec deux langues différentes. »