☀️ Annexe II — Les Djinns

1. ☀️ Les conteurs de lumière

« nous étions la lumière avant le mot. »
chant d’Asha, dernier des Djinns

Lorsque Elyon contempla l’œuvre d’Elyndra — la vie naissante, la chair palpitante, le souffle fragile — il désira à son tour engendrer des êtres capables non seulement de vivre, mais de penser, de rêver et de créer.

Ainsi furent façonnés les Djinns, premiers enfants du Chant, émissaires de la Source, témoins du Premier Feu.

Ils ne furent pas faits de chair ni de pierre, mais de lumière condensée, de voix et de mémoire. Ils se mouvaient comme le vent et parlaient en harmonies. Leurs mots tissaient la réalité elle-même.

Les Djinns furent les premiers à nommer le monde — et par ce geste, à lui donner forme. Chaque nom prononcé devenait un éclat d’existence, chaque mélodie un fragment de vérité.

Ils enseignèrent aux autres peuples le langage, la pensée, la beauté. Ils furent les guides silencieux d’Elserath, les gardiens des récits, les conteurs de lumière.


2. 🔥 Nature et Essence

Les Djinns ne sont pas des êtres au sens où les autres peuples le sont. Ils sont feu vivant, flamme consciente, substance pure de la pensée et du verbe.

Leur essence transcende la matière : ils ne respirent pas, ne dorment pas, ne vieillissent pas. Ils existent dans l’entre-deux, à la frontière du visible et de l’ineffable. Leur présence n’est pas imposée — elle est révélée, comme une vérité qui attendait d’être vue.

Là où ils passent, la pierre se polit, le métal se purifie, l’air devient chant. Leur chaleur ne brûle pas : elle éclaire. Elle transforme. Elle nomme.

Les Djinns sont les Feux sans ombre, car ils ne projettent aucune obscurité. Ils sont lumière intégrale, souffle originel, mémoire incarnée.


3. 🕯️ Description Physique

Corps Sans forme fixe. Leur apparence est mouvante, changeant selon leur volonté ou la perception de celui qui les regarde. Parfois humanoïdes, parfois vents, parfois flammes — ils sont ce qu’ils choisissent d’être à cet instant.
Substance Feu vivant, sans fumée, vibrant de lumière pure. Leurs contours ondulent comme une chaleur d’été, et leur présence fait vibrer l’air lui-même.
Yeux Foyers bleus, dorés ou blancs, sans pupilles, reflets d’étoiles anciennes. Ceux qui croisent leur regard disent avoir vu « le début de toute chose ».
Voix Profonde, résonnant à travers la matière — chaque mot est un battement du feu originel. Leur parole ne se contente pas d’être entendue : elle est ressentie, inscrite dans la mémoire du monde.
Particularités Certains changent de taille ou de densité selon leurs émotions. Un Djinn en colère devient brasier ; un Djinn en paix devient lueur.
Longévité Inconnue. Les Djinns semblent échapper au temps tel que les autres peuples le connaissent.

4. 🌌 Le Don du Nom — Elyon’Dar

« nommer, c’est créer. créer, c’est se souvenir. et se souvenir, c’est ne jamais mourir. »
— dernier enseignement des Djinns avant l’Éclipse des Voix

Grand maître : Asha, dernier des Djinns, gardien des rives de Lysséa.

L’Elyon’Dar — littéralement « parole d’Elyon » — est la magie propre aux Djinns.

Ce n’est ni un sortilège, ni une manipulation : c’est un acte de nomination.

Les Djinns ne façonnent pas le monde par la force ou le calcul. Ils le nomment, et en le nommant, ils lui donnent existence.

Un Djinn qui prononce le nom véritable d’une pierre peut la faire chanter. Un Djinn qui murmure le nom d’un fleuve peut inverser son courant. Un Djinn qui chante le nom du vent peut faire naître une tempête — ou l’apaiser d’un souffle.

Mais cette magie exige un prix : chaque nom donné lie le Djinn à ce qu’il nomme. Plus il crée, plus il s’inscrit dans le monde — et moins il peut en sortir. Les Djinns les plus anciens étaient si liés à Elserath qu’ils ne pouvaient plus exister hors de lui.

« le nom véritable d’une chose est la prison de celui qui le prononce. »
— sagesse djinn, transmise par Asha

🔮 exemples historiques de l’Elyon’Dar

la pierre chantante de Kar’Drath

Un Djinn nomma le cœur de la montagne, et depuis, elle résonne en harmonie avec les forges naines. Certains disent qu’il veille encore en elle.

le vent d’oubli

Lors de la Fracture du Ciel, un Djinn prononça le nom du vent qui efface les souvenirs, pour apaiser la douleur des survivants. Ce vent souffle encore certaines nuits sur les plaines d’Or.

le chant scellant

Le plus grand et le plus tragique usage de l’Elyon’Dar. Lors de la naissance des Titans, les Djinns entonnèrent ensemble un chant capable de nommer la fin. Ce chant les brisa intérieurement, mais scella les colosses de rage et sauva le monde.


5. ⚔️ Le Chemin des Âges

Les étapes qui définissent l’histoire des Djinns sont marquées par la lumière et le sacrifice :

l’Âge du Premier Feu — naissance des Djinns. Ils nomment le monde et enseignent les peuples.

la Fracture du Ciel — l’Entropie s’élève. Les Titans naissent. Les Djinns entonnent le Chant Scellant et sauvent la création au prix de leur propre fracture intérieure.

l’Âge des Gardiens — après la disparition des Primordiaux, les Djinns deviennent les phares du monde sans dieux, guidant les peuples à travers les ères.

l’Éclipse des Voix — les Grands Chanteurs des Aelran tentent de réparer la Source. Leur audace rompt les harmoniques sacrées. Les Djinns, liés à la lumière d’Elyon, sont happés dans le désastre. Le monde les pleure. La lumière d’Elyon s’assombrit à jamais.

le Dernier Refuge — Lirea, gardienne de la mémoire, use des derniers vestiges de son nom pour sauver Asha, le dernier Djinn. Elle l’abrite entre la Mer et les Rives de Lysséa — et disparaît. Son nom ne peut plus être prononcé.


6. 🤝 Relations avec les peuples d’Elserath

« ils nous ont appris à parler. nous avons appris à oublier. »
— proverbe humain

Les Djinns furent les premiers maîtres de tous les peuples. Chacun reçut d’eux une part de leur savoir :

  • ⛏️ les Nains — les Djinns leur enseignèrent le nom du métal et du feu sourd. C’est pourquoi les forges naines résonnent encore du chant originel.
  • 🌿 les Wyveriens — ils reçurent le nom du souffle et de la vie verte. Les Wyveriens chantent encore en harmonies djinn sans le savoir.
  • les Skayans — les Djinns leur donnèrent le nom de l’orage et de la foudre. C’est pourquoi leur parole commande encore le ciel.
  • 🌊 les Lireathi — ils apprirent le nom des courants et de la mémoire liquide. Les Lireathi sont les seuls à pouvoir encore entendre l’écho des Djinns dans les vagues.
  • 🌘 les Aelran — les plus proches des Djinns. Ils reçurent le nom du crépuscule et du temps suspendu.
  • 🩸 les Orcs — les Djinns leur enseignèrent le nom du sang et du feu intérieur. Les Orcs les appelaient « frères de braise ».
  • 🕊️ les Hommes — les Djinns ne leur donnèrent aucun nom. Car les Hommes, héritiers de Nareth, apprenaient ce que même les Djinns ne comprenaient.

🕯️ présence actuelle dans le monde

Asha, le dernier Djinn vivant, veille dans les profondeurs de Lysséa, entre la Mer et les Rives. Nul ne peut plus l’atteindre, car cette limite n’existe plus pour les vivants — seul le souvenir peut l’effleurer.

le dernier feu djinn brûle encore dans la Forge Primordiale de Kar’Drath, gardé par les Nains. Certains disent qu’il attend qu’un nom soit à nouveau prononcé.

Les Aelran murmurent que, lorsque l’aube se reflète sur la mer, ce n’est pas le soleil qu’on y voit — mais le dernier éclat d’un espoir qui ne s’est jamais éteint.


7. 🜂 Philosophie des Djinns

Les Djinns ne croient ni en la guerre, ni en la paix. Ils croient en la persistance du nom.

« tant qu’un nom est prononcé, rien n’est perdu. »

Cette maxime, transmise aux Héritiers du Chant, résume leur vision du monde : exister, c’est être nommé ; être nommé, c’est être souvenu ; être souvenu, c’est être éternel.

Les Djinns ne cherchent pas à dominer le monde. Ils cherchent à ce qu’il ne soit jamais oublié.

🜃 maxime de l’Elyon’Dar

« nommer, c’est aimer. aimer, c’est lier. et lier, c’est demeurer. »

Tant qu’Asha veille dans les profondeurs de Lysséa, le souvenir des Djinns demeure, comme une flamme vacillante sous les eaux — lumière sans ombre, voix sans écho, feu qui ne s’éteindra jamais.