📜 Élynar — Chapitre VIII

Lexique raisonné de l’Élynar — rassembler les formes canoniques de la langue sans effacer les distinctions de sens, les restrictions grammaticales, les héritages historiques, les liens familiaux, les couleurs et les concepts que sept chapitres ont permis d’établir.

✦ Lexique raisonné de l’Élynar

Le lexique de l’Élynar ne peut pas être traité comme une simple table de correspondances entre deux langues.

Une entrée telle que :

nar = de

serait grammaticalement trompeuse.

Une entrée telle que :

sërnar = grande tristesse

serait sémantiquement fausse.

Et traduire :

Valrûn = destruction

sans préciser que le terme constitue un Absolu lexical ferait perdre l’une de ses propriétés les plus importantes.

Le présent chapitre rassemble donc le vocabulaire actuellement établi de l’Élynar en conservant, autant que possible, les distinctions conceptuelles que les sept chapitres précédents ont permis de définir.

Pour chaque terme, on distinguera lorsque cela est nécessaire :

le sens courant ;
le sens profond ou historique ;
la catégorie grammaticale ;
les formes dérivées ;
les restrictions d’usage ;
les différences avec les mots français qui pourraient sembler équivalents.

Ce lexique ne prétend pas que chaque racine possède déjà toutes les dérivations théoriquement possibles.

Une forme n’est considérée comme établie que lorsqu’elle a été définie.

L’Élynar reste une langue vivante : une racine productive pourra recevoir de nouvelles formes au fur et à mesure que le vocabulaire s’étendra.

Les Racines premières, les fossiles et les Absolus obéissent cependant à des restrictions particulières qui doivent toujours être respectées.


I — Les Racines premières

Les Racines premières occupent une catégorie distincte du vocabulaire ordinaire.

Lorsqu’elles sont prononcées seules, elles portent à la fois :

le nom du Primordial ;
le principe primordial correspondant.
Elles ne sont donc pas librement manipulables comme des racines modernes.

Elyon

Catégorie

Racine première.

Sens

Don.

Elyon représente le Don dans son principe primordial : ce qui est accordé, transmis ou rendu possible par une volonté qui donne.

Il ne doit pas être employé pour toute transmission quotidienne.

Famille ordinaire
  • elya — permission, possibilité accordée ;
  • elyen — donner, accorder volontairement ;
  • elyel — recevoir ce qui est accordé ;
  • elyath — don concret ;
  • elyar — celui qui donne.
Exemple conceptuel
Elyon'Dar Le Don du Nom.

Nareth

Catégorie

Racine première.

Sens

Lien.

Nareth désigne le principe par lequel des êtres, des choses ou des concepts tiennent les uns avec les autres.

Cette Racine a profondément marqué la grammaire de l’Élynar.

Famille et descendants
  • nar — lien constitutif ;
  • nara — relation ou lien ordinaire ;
  • naraen — lier, mettre en relation ;
  • narael — être lié ;
  • narais — lié, connecté ;
  • naraath — nœud, point de connexion ;
  • narei — réseau, communauté structurée par ses relations ;
  • nae — accompli dont les conséquences demeurent ;
  • naren — devoir en raison d’un engagement ou d’un lien ;
  • naer — confiance ;
  • naerel — faire confiance ;
  • naeris — digne de confiance.
Opposition majeure
Nareth ↔ Soth
Lien ↔ Déliaison

Kaelgor

Catégorie

Racine première.

Sens

Forge ; mise en forme de la matière.

Kaelgor ne doit pas être réduit au lieu matériel appelé forge.

Il désigne le principe par lequel la matière reçoit une forme, une organisation ou une configuration nouvelle.

Il entretient un rapport historique avec les anciennes conceptions de la matière et du Feu, mais ne doit pas être confondu avec Kaelrun.

Notation savante. Ce symbole n’est pas prononçable.

Sens historique

Racine première perdue de la Mémoire.

La forme ancienne a été effacée à la suite de l’Éclipse des Voix et du sacrifice de la Primordiale associée à la Mémoire.

Il ne s’agit pas d’un mot oublié que l’on pourrait reconstruire.

L’Élynar moderne connaît la place, mais pas le son qui occupait cette place.
Survivances principales
  • Lir'Nym ;
  • Liréathi ;
  • le fossile improductif lir-.

Le vocabulaire moderne de la mémoire s’est reconstruit en familles séparées :

sova ;
taer ;
nema.

Thal

Catégorie

Racine première.

Sens

Mouvement.

Thal exprime le principe du mouvement et du passage.

Descendants importants
  • thal — aspect continu ;
  • thala — déplacement ;
  • thalaen — se déplacer, aller ;
  • thalen — marcher ;
  • tharel — poursuivre sa route, demeurer en mouvement ;
  • thalath — passage, trace d’un mouvement ;
  • tharei — venir vers le point de référence ;
  • thava — partir, s’éloigner ;
  • thalda — arriver, atteindre une destination ;
  • thalor — chant ;
  • thara — changement d’état, transition d’une condition vers une autre ;
  • tharael — devenir, passer dans un nouvel état ;
  • tharaen — rendre, faire devenir, provoquer le passage vers un nouvel état.

La relation historique entre Thal et thalor reflète une conception ancienne du Chant comme souffle mis en mouvement selon une structure.

Une autre branche ancienne a produit thara. Le mouvement n’y est plus spatial : il désigne le passage d’une condition vers une autre.

thara est un descendant secondaire ancien de Thal.
Employer thara, tharael ou tharaen n’équivaut pas à prononcer la Racine première Thal isolément.

Oris

Catégorie

Racine première.

Sens

Âge ; Temps.

Oris désigne le Temps comme continuité des âges.

Famille
  • ori — passé ;
  • orin — avant ;
  • orel — après ;
  • ora — quand, au moment où ;
  • orath — pendant, tandis que ;
  • orae — durée ;
  • oraen — durer ;
  • orael — attendre ;
  • orais — ancien par sa durée ;
  • oren — maintenant ;
  • orenath — aujourd’hui ;
  • orinath — hier ;
  • orelath — demain.

Vael

Catégorie

Racine première.

Sens

Ombre.

Vael ne désigne pas uniquement une zone privée de lumière.

Le principe comprend également :

ce qui demeure caché ;
ce qui échappe au regard ;
ce qui se tient hors de ce qui est exposé.
Vael n’est pas intrinsèquement mauvais.
Famille ordinaire
  • vaeli — ombre physique ;
  • vaelien — ombrager, cacher par l’ombre ;
  • vaeliel — être caché dans l’ombre ;
  • vaelis — sombre, ombragé ;
  • vaelath — silhouette, forme produite par l’ombre.

Une branche ancienne et affaiblie est liée au sommeil :

vaen — sommeil ;
vanel — dormir ;
vaenis — endormi.

Elyndra

Catégorie

Racine première.

Sens

Vie ; croissance ; chair vivante ; compassion liée au vivant.

Elyndra a produit plusieurs familles secondaires spécialisées.

Vie individuelle

elyna — vie individuelle ;
elynel — être vivant, rester en vie ;
elynis — vivant ;
elynath — être vivant concret.

Croissance

lyna — croissance naturelle ;
lynaen — grandir, croître ;
lynais — en croissance ;
lynath — pousse ou manifestation concrète de croissance.

Chair et corps

endra — chair ou tissu vivant ;
endar — corps comme ensemble physique.

Fatigue

Une branche beaucoup plus éloignée a produit :

drena — fatigue corporelle ;
drenel — être fatigué ;
drenis — fatigué.

II — Les Quatre Absolus

Les quatre termes suivants constituent des Absolus lexicaux.

Ils ne peuvent être :

intensifiés ;
atténués ;
comparés ;
approximés ;
librement dérivés.
Un phénomène correspond au concept ou n’y correspond pas.

Il est donc impossible de dire :

très Valrûn ;
presque Aelarion ;
plus Ysildren ;
un peu Nêhalor.

Valrûn

Sens

Destruction souveraine ; fin complète d’un état permettant qu’un autre commencement advienne.

Valrûn ne signifie pas simplement :

dégâts gigantesques.

Un état doit être suffisamment brisé pour ne plus pouvoir constituer la simple continuité de ce qui existait auparavant.

Restrictions
✗ vel Valrûn
✗ lirë Valrûn
✗ rae Valrûn na…

Aelarion

Sens

Transcendance.

Franchissement d’une limite qui était jusque-là constitutive de l’être ou de la condition concernés.

Il ne s’agit pas simplement :

d’amélioration ;
de progression ;
de victoire ;
de dépassement quantitatif.
Après Aelarion, l’ancienne limite ne suffit plus à définir ce qui a transcendé.

Ysildren

Sens

Croissance souveraine, prolifération et retour persistant du vivant.

Ne pas confondre avec

Elyndra — Vie.

Elyndra désigne le principe de Vie.
Ysildren désigne la croissance absolue et le retour irrépressible du vivant.

Nêhalor

Sens

Oubli souverain.

Quelque chose cesse d’être retenu par la mémoire du monde.

Ne pas confondre avec

nema — oubli ordinaire.

Perdre le souvenir d’un nom est nema.
Nêhalor appartient à un ordre beaucoup plus profond.

III — Concepts fondamentaux et racines lourdes

Aer

Parole.

Concept ancien lié au langage prononcé.

aera — parole ordinaire, mots prononcés ;
aeren — parler ;
aeraath — énoncé, parole produite.

Aevora

Souffle.

Dans certains composés, le terme porte une valeur plus ancienne et profonde que le simple acte respiratoire.

aev — souffle respiratoire ;
aeven — souffler, expirer volontairement ;
aevel — respirer ;
aevis — respiratoire ;
aevath — expiration, souffle produit.

Asha

Espoir.

Mot ancien associé symboliquement à ce qui demeura après le sacrifice de la Primordiale de la Mémoire.

ashaen — espérer ;
ashais — porteur d’espoir, empreint d’espoir.
Asha n’est ni une connaissance ni une croyance.
On peut espérer ce que l’on considère improbable.

Dar

Nom ; identité véritable portée par le nom.

La relation employée avec Dar peut modifier profondément son sens.

Dar na ra le nom associé à moi
Dar nar ra le nom constitutif de ce que je suis

Dar ne signifie donc pas nécessairement « nom magique secret ».

Dur

Souffle puissant ; pulsation vitale.

Apparaît notamment dans :

Ormah'Dur Le Souffle Rouge.

Le terme est également historiquement lié à : durën, cœur.

En

Art ; maîtrise ; pratique consciente.

Apparaît surtout dans des composés :

Nareth'En — l’Art du Lien ;
Thalyr'En — l’Art de la Vibration.

Ghor

Faim qui ne cherche pas la satiété.

Impulsion à absorber, dévorer ou prendre, indépendante du besoin réel et qui ne disparaît pas lorsque ce besoin est satisfait.

Ne pas confondre avec :

mae — faim biologique.
Ghor'Vael La Faim de l’Ombre.

Kaelrun

Feu.

Mot extrêmement ancien.

Kaelrun existait avant kael et run.

L’évolution est :

Kaelrun → kael + run

et non :

kael + run → Kaelrun.

kael

Matière solide ; pierre ; ce qui reçoit ou conserve une forme.

Issu historiquement de la fragmentation conceptuelle de Kaelrun.

kaelen — façonner une matière solide.

run

Chaleur active ; énergie thermique ; ce qui chauffe.

Issu historiquement de la fragmentation de Kaelrun.

runen — chauffer ;
runel — être chaud ;
runis — chaud ;
runath — chaleur produite, foyer ou manifestation thermique.

Une branche métaphorique a donné : runa, colère.

Kaen

Voix.

Elyndar'Kaen La Voix du Silence.

Khar

Faucher en interrompant brutalement une trajectoire par une coupe.

Le concept n’est pas intrinsèquement agricole.

Il s’applique à ce qui :

avançait ;
circulait ;
suivait une direction

et se trouve soudainement sectionné.

Morduun

Matière granulaire constituée de fragments solides mais se comportant collectivement comme un flux.

sable ;
cendre ;
grain ;
certaines poussières.
Khar'Morduun Faucheur du sable, lorsque Morduun désigne effectivement du sable.

Myr

Rêve.

Myr'Sael Traditionnellement : Le Souffle des Rêves.

La traduction est ancienne et probablement non littérale.

Nym

Marée ; flux marin cyclique.

Lir'Nym La Mémoire des Marées.

Ormah

Concept ancien associé au rouge et au sang.

orm — sang ;
ormis — sanguin, relatif au sang ;
ormel — saigner ;
ormen — faire saigner.
Ormah'Dur Le Souffle Rouge.

Sael

Empreinte intérieure ; reflet spirituel ou essentiel de ce qu’une chose est.

Sael ne signifie pas simplement :

âme.

Un être vivant peut posséder ou laisser un Sael, mais un lieu, une rivière, une montagne ou un monde peuvent également en avoir un.

Le Sael exprime ce que quelque chose est intérieurement plutôt que sa seule apparence.

Relations

Sael na X — empreinte associée à X.
Sael nar X — empreinte essentielle constitutive de X.

Composés

Sael'Daryn
Myr'Sael

Salutation

Sael sei. Salut / je reconnais ta présence.

Seryn

Sens lexical ancien : Astre.

Le mot est également devenu un prénom dans la tradition skayane.

Seryn'Thalor Le Chant des Astres.

Soth

Déliaison fondamentale.

Soth désigne le processus par lequel sont défaites les relations permettant à une chose de demeurer ce qu’elle est.

Il ne signifie pas simplement :

destruction.

Une chose peut continuer d’exister après Soth tout en ayant perdu une partie des liens qui assuraient sa cohérence.

Nareth ↔ Soth
Lien ↔ Déliaison
Vael'Soth L’Ombre qui délie.

Tael

Compas ; direction ; mesure.

Oris'Tael Le Compas des Âges.

Thalan

Orage.

Aer'Thalan La Parole de l’Orage.

Thalor

Chant.

Historiquement lié à Thal, le Mouvement.

Le Chant semble avoir été conçu comme un souffle organisé mis en mouvement.

Ne pas confondre le nom thalor avec la particule aspectuelle thal.

Thar

Sourd ; contenu ; étouffé.

Kaelrun'Thar Le Feu Sourd.

Thraek

Refus de reconnaître comme légitime une autorité, une limite ou une loi extérieure prétendant avoir pouvoir sur soi.

Ne pas confondre avec :

eld — refus de céder.

Thraek dit :

« Je ne reconnais pas ton droit à m’imposer cela. »

Eld dit plutôt :

« Je ne céderai pas. »
Thraek'Vael L’Ombre insoumise.

Thurën

Porter ou soutenir durablement une charge afin que quelque chose d’autre puisse tenir.

Plus profond que le simple transport.

Peut s’appliquer à :

une structure ;
une responsabilité ;
une famille ;
une charge politique ;
un poids moral.

Apparaît historiquement dans :

Thurën'Kael → Thurn-Kael

IV — Pronoms

ra

Je ; moi.

Invariable.

Ra thalor. Je chante.
Dar nar ra. Mon nom constitutif.

sei

Tu ; toi.

Sei varael. Tu te trompes.

eir

Il ; elle ; lui ; elle ; cela.

Aucune distinction grammaticale de genre.

Peut reprendre également un objet, un animal ou un concept si le contexte est clair.

ael

Nous inclusif.

Le locuteur et l’interlocuteur appartiennent au groupe.

Ael sha tharei. Nous reviendrons l’un vers l’autre.

rael

Nous exclusif.

Le locuteur et d’autres personnes, mais pas l’interlocuteur.

vae

Vous.

Deuxième personne plurielle.

Aucun vouvoiement honorifique particulier n’est actuellement défini.

eiryn

Ils ; elles ; eux.

Forme pronominale plurielle établie.

Elle ne doit pas être traitée comme une construction libre de eir + yn.

V — Déterminants, nombre et deixis

il

Déterminant défini :

le ; la ; les.

Invariable en genre et en nombre.

ei

Déterminant indéfini :

un ; une ; des.

Invariable.

yn

Marqueur explicite de pluriel.

Se place avant le nom.

yn Seryn des astres / les astres

Est normalement omis :

après un nombre ;
après un quantificateur dont la pluralité est déjà évidente.

tha

Démonstratif proximal : ce ; cette ; ces.

Ne signifie jamais « être ». Cette ancienne analyse est abandonnée.

Pronom démonstratif

tha eir celui-ci / celle-ci / ceci

thael

Démonstratif distal : ce…-là ; cette…-là ; ces…-là.

thael eir celui-là / celle-là / cela

ha

Ici.

Seryn ha. Seryn est ici.

hael

Là.

haen

Ailleurs.


VI — Relations et prépositions

na

Sens fondamental

Lien contingent.

Selon le contexte :

de ;
appartenant à ;
associé à ;
provenant de ;
depuis ;
terme de comparaison.

La relation peut disparaître sans nécessairement modifier l’identité profonde des éléments concernés.

Dar na ra le nom associé à moi
Thalor na ra le chant que je pratique ou qui m’est associé
na ne signifie pas « faible ».
Un lien na peut être profond, ancien et intensément affectif.

nar

Sens fondamental

Lien constitutif.

Le lien participe de l’identité de ce dont on parle.

Sa rupture :

transforme ;
blesse ;
redéfinit ;
altère.
Dar nar ra le nom qui participe de mon identité
Thalor nar ra le Chant auquel mon être est lié

Nar n’implique pas :

amour ;
romance ;
réciprocité ;
positivité ;
intensité.
Un ennemi, une cicatrice ou une malédiction peuvent être nar.

el

Vers ; à destination de ; à.

Sert :

pour la direction ;
pour le destinataire.

ir

Dans ; au sein de ; à.

Localisation générale.

sa

Avec.

Accompagnement ou moyen selon le contexte.

nor

Sans.


VII — Temps et aspect

ori

Passé.

Dérivé d’Oris.

Ra ori thalor. J’ai chanté / je chantais.

sha

Futur.

Ra sha thalor. Je chanterai.
Le futur exprime une intention ou anticipation sincère, non une prophétie.

ya

Aspect inchoatif : commencement.

Ra ya thalor. Je commence à chanter.

thal

Aspect continu.

être en train de.
Ra ori thal thalor. J’étais en train de chanter.

Historiquement lié à Thal, le Mouvement.

da

Accompli clos.

L’action est accomplie et présentée comme terminée.

Ra ori da thalor. J’ai chanté, et c’est clos.

nae

Accompli dont les conséquences demeurent.

L’événement est terminé comme action mais reste lié à ce qui suit.

Ra ori nae thalor. J’ai chanté, et quelque chose de ce chant demeure.

Historiquement lié à Nareth.

nai

Négation.

Se place immédiatement avant le verbe lexical après temps et aspect.

Ra ori thal nai thalor. Je n’étais pas en train de chanter.

Peut également contribuer à exprimer :

aucun / nul

devant un nom.


VIII — Copule et états

aes

Être ; exister.

Au présent attributif, la copule est normalement omise.

Ra drenis. Je suis fatigué.
Seryn ha. Seryn est ici.

Aes réapparaît lorsque le temps doit porter sur la copule :

Ra ori aes drenis. J’étais fatigué.

Lorsque l’existence elle-même est le prédicat :

Eir aes. Cela existe.

IX — Modalité, connaissance et intention

saer

Vouloir ; désirer intentionnellement.

Ra saer thalaen. Je veux partir.

kae

Pouvoir par capacité.

Ra kae thalaen. Je suis capable de partir.
Ne signifie pas automatiquement : être autorisé.

elya

Être autorisé ; avoir reçu permission.

Ra elya thalaen. Il m’est permis de partir.

Issu de la famille d’Elyon.

dor

Devoir par nécessité ou circonstance.

Les circonstances rendent l’action nécessaire.

Ne pas confondre avec naren.

naren

Devoir par engagement, responsabilité ou lien reconnu.

Ra naren thalaen. Je dois partir parce qu’une responsabilité que je reconnais m’y lie.

sai

Savoir ; tenir comme connu.

Dans l’Élynar, sai engage réellement le locuteur quant au degré de certitude qu’il affirme.

Une personne peut se tromper malgré tout.

myrën

Croire ; tenir comme probable ou vrai sans certitude complète.

Ra myrën… Je crois que…

shaï

Peut-être ; possibilité.

Myrën : position mentale du locuteur.
Shaï : possibilité envisagée.

vaer

Craindre ; redouter.

Voir également la famille vaera.

ashaen

Espérer.

Voir Asha.


X — Impératif et réponse

lae

Marque de requête.

Transforme un ordre direct en demande.

Lae tharei. Viens, s’il te plaît / je t’en prie, viens.

aei

Oui.

nei

Non.

Ne pas confondre avec nai, négation interne à la phrase.

XI — Coordination et subordination

ae

Et.

va

Mais ; cependant.

vei

Ou.

Aucune opposition canonique entre « ou inclusif » et « ou exclusif » n’est actuellement fixée.

ke

Que ; qui.

Introducteur général :

de subordonnée ;
de proposition relative.

esh

Parce que.

Introduit la cause.

tae

Donc ; ainsi ; par conséquent.

Introduit la conséquence.

shael

Si.

Condition.


XII — Interrogation

ma

Particule interrogative fermée.

Se place généralement à la fin.

Sei thalaen ma ? Tu pars ?

Peut être omise dans la langue familière si l’intonation suffit.

mei

Qui ?

Reste normalement à la place qu’occuperait la réponse.

mai

Quoi ?

mer

Où ?

mor

Quand ?

mya

Pourquoi ?

mel

Comment ?

men

Combien ?

meyn

Lequel ? Laquelle ?

Aucune variation de genre.


XIII — Temps lexical

orin

Avant.

orel

Après.

ora

Quand ; au moment où.

orath

Pendant ; tandis que.

Forme ancienne grammaticalisée.

orae

Durée.

oraen

Durer.

orael

Attendre.

orais

Ancien par la durée.

Ne signifie pas nécessairement :

vieux physiquement ;
décrépit ;
abîmé.

oren

Maintenant.

orenath

Aujourd’hui.

orinath

Hier.

orelath

Demain.


XIV — Mouvement et changement d’état

thala

Déplacement.

thalaen

Se déplacer ; aller.

thalen

Marcher.

tharel

Continuer son chemin ; demeurer en mouvement.

thalath

Passage ; trace d’un mouvement.

tharei

Venir vers le point de référence.

thava

Partir ; s’éloigner du point de référence.

thalda

Arriver ; atteindre une destination.

Forme lexicalisée ancienne.

Changement d’état

Une branche secondaire ancienne de Thal applique l’idée de mouvement non plus à l’espace, mais au passage d’une condition vers une autre.

thara

Changement d’état ; transition d’une condition vers une autre.

Thara est un descendant secondaire ancien de Thal.

Il ne décrit pas un déplacement spatial, mais le mouvement conceptuel qui conduit quelque chose d’un état à un autre.

Thal — mouvement comme principe.
thara — mouvement entre deux états.

tharael

Devenir ; passer ou entrer dans un nouvel état.

Le sujet lui-même effectue la transition.

Il daryn tharael rae saen. Le monde devient meilleur.

Le terme de comparaison peut rester implicite lorsque le contexte permet naturellement de comprendre :

meilleur qu’auparavant.

tharaen

Rendre ; faire devenir ; provoquer chez quelque chose le passage vers un nouvel état.

Construction
tharaen + objet + état ou qualité résultante
Ra tharaen il daryn saen. Je rends le monde bon / favorable.
Ra tharaen il daryn rae saen. Je rends le monde meilleur.
Ael ori saer tharaen il daryn rae saen. Nous voulions rendre le monde meilleur.

Dans ce dernier exemple, ael inclut l’interlocuteur.

Si l’interlocuteur n’appartient pas au groupe désigné par « nous » :

Rael ori saer tharaen il daryn rae saen. Nous voulions rendre le monde meilleur.

XV — Quantité, intensité et comparaison

vel

Très ; fortement.

Intensificateur ordinaire.

Interdit avec les Quatre Absolus.

lin

Peu ; faiblement ; moins.

Peut servir :

d’atténuateur ;
de quantificateur ;
dans la comparaison.

sor

Trop ; excessivement.

ren

Assez ; suffisamment.

Exprime l’atteinte d’un seuil nécessaire.

aen

Pleinement ; complètement dans la réalisation d’un concept.

Ne transforme pas un concept ordinaire en Absolu.

Incompatible avec les Quatre Absolus.

rae

Plus… que.

rae X na Y plus X que Y

Lorsque le terme de comparaison est évident dans le contexte, il peut rester implicite.

rae saen meilleur / plus favorable

sel

Aussi… que.

sel X na Y aussi X que Y

sela

Comme ; à la manière de.

Ne pas confondre avec sel, égalité comparative.

reth

Le plus…

Superlatif relatif.

Interdit avec les Absolus.

mara

Beaucoup.

Quantité.

sënai

Quelques.

A remplacé toute ancienne proposition utilisant lir, car lir- est réservé au fossile mémoriel.

mar

Plusieurs.

ën

Tout ; tous comme totalité.

eirë

Chaque ; chacun pris individuellement.

ën — ensemble complet ;
eirë — membres pris un à un.

len

Seulement.

La position détermine la portée de la restriction.

sen

Même au sens inclusif ; y compris.

Sert à inclure un élément que l’on aurait pu considérer comme extérieur à l’énoncé ou particulièrement remarquable.

même lui ;
même cela ;
y compris lui.
sen ne signifie jamais « le même » au sens d’identique.

lirë

Presque ; faillir.

Interdit avec :

Valrûn ;
Aelarion ;
Ysildren ;
Nêhalor.

XVI — Corps et vivant

endar

Corps comme ensemble physique.

endra

Chair ou tissu vivant.

Ne désigne normalement pas la chair morte.

drena

Fatigue corporelle.

drenel — être fatigué ;
drenis — fatigué.

durën

Cœur.

Historiquement lié à Dur, la pulsation vitale.

orm

Sang.

ormis — sanguin, relatif au sang ;
ormel — saigner ;
ormen — faire saigner.

thel

Main.

Une parenté historique avec Thal est possible, mais n’est pas suffisamment établie pour être considérée comme canonique.

sair

Œil.

harin

Oreille.


XVII — Respiration

aev

Souffle respiratoire.

aeven

Souffler ; expirer volontairement.

aevel

Respirer.

aevis

Respiratoire.

aevath

Expiration ; souffle produit.


XVIII — Perception

sae

Perception visuelle ; vue.

saeel

Voir.

Perception visuelle non nécessairement volontaire.

saeen

Regarder.

Action volontaire d’orienter la perception visuelle.

saear

Observateur.

saeis

Visible ; visuel.

saeath

Image ; chose perçue visuellement.

hara

Perception auditive.

harael

Entendre.

haraen

Écouter.

Action volontaire.


XIX — Parole, pensée, mémoire et erreur

aera

Parole ordinaire ; mots prononcés.

aeren

Parler.

aeraath

Énoncé ; parole effectivement produite.

daren

Dire ; énoncer.

Une possible parenté ancienne avec Dar a été envisagée, mais elle n’est pas suffisamment établie pour être considérée comme canonique.

sova

Souvenir personnel.

sovaen

Se souvenir.

sovath

Souvenir précis ; réminiscence.

taer

Conserver une information ; garder une trace.

taeren

Consigner ; conserver pour éviter la perte.

taerath

Archive ; trace conservée.

taeror

Lieu d’archives.

nema

Oubli ordinaire ; défaillance du souvenir.

nemaen

Oublier.

nemais

Oublié, au sens banal.

Ne pas confondre avec Nêhalor.

vara

Erreur sincère ; compréhension erronée du réel.

L’erreur est parfaitement compatible avec l’Élynar.

varael

Se tromper ; être dans l’erreur.

Sei varael. Tu te trompes.
varael ne signifie jamais « mentir ».
L’Élynar ne possède aucun mot natif correspondant à cette notion.

XX — La lacune du mensonge

Cette section est volontairement présente dans le lexique alors qu’elle ne contient aucune entrée élynar.

Il n’existe aucun terme natif signifiant :

mentir ;
mensonge ;
menteur.

Cette absence est canonique.

Le phénomène n’a jamais eu besoin d’être lexicalisé dans une langue où il est impossible de produire volontairement une affirmation que l’on sait fausse.

Pour parler du mensonge réalisé dans une autre langue, un locuteur élynar doit :

utiliser une périphrase ;
ou éventuellement employer un emprunt étranger.

Une périphrase conceptuelle pourrait correspondre à :

dire comme vrai ce que l’on sait ne pas être.

Il ne s’agit cependant pas d’un mot lexicalisé.

Aucune nouvelle racine élynar native ne doit être créée pour « mensonge ».

XXI — Besoins élémentaires

syl

Eau.

Son étymologie ancienne reste obscure.

Elle peut appartenir à une partie du vocabulaire de l’eau restructurée après la disparition de la Racine mémorielle, mais cela n’est pas suffisamment établi pour aller plus loin.

sylen

Boire.

Initialement lié à l’eau, mais s’emploie aujourd’hui pour boire n’importe quel liquide.

maer

Nourriture ; alimentation.

maeren

Manger.

maerel

Être nourri ; être rassasié.

maeris

Nutritif.

maerath

Repas.

mae

Faim biologique.

Ne pas confondre avec ghor.

mael

Avoir faim ; être affamé.

Ra mael. J’ai faim.
L’Élynar n’emploie pas de verbe général « avoir ».

XXII — Sommeil et rêve

vaen

Sommeil.

Ancienne branche affaiblie de la famille de Vael.

vanel

Dormir.

vaenis

Endormi.

Myr

Rêve.

Voir également Myr'Sael.


XXIII — Douleur

sarn

Douleur.

sarnel

Souffrir ; avoir mal.

sarnis

Douloureux.

sarnath

Manifestation concrète de douleur ; blessure douloureuse.

Ne remplace pas nécessairement un futur terme générique pour « blessure ».

Une blessure indolore ou considérée uniquement comme lésion pourrait exiger un autre mot.


XXIV — Donner, recevoir et prendre

elyen

Donner ; accorder volontairement.

Le transfert est volontaire.

elyel

Recevoir ce qui est donné.

ker

Prise ; saisie.

keren

Prendre ; saisir.

kerel

Être tenu ; être saisi.

kerar

Celui qui prend ou saisit.

kerath

Objet saisi ; manifestation de la prise.

recevoir un don ≠ prendre

L’Élynar maintient clairement cette séparation.


XXV — Qualités simples et couleurs

saen

Bon ; favorable ; approprié.

Ne signifie pas automatiquement :

moralement bon.

Un outil peut être saen parce qu’il convient parfaitement à une tâche.

drae

Mauvais ; défavorable ; inadéquat.

Ne signifie pas automatiquement :

mauvais moralement ;
maléfique.

Un chemin peut être drae parce qu’il est simplement mauvais pour atteindre une destination.

Couleurs

Le vocabulaire chromatique distingue la couleur comme phénomène des significations culturelles que certaines teintes ont acquises chez les Aelrans.

lura

Couleur ; teinte perçue.

lurais

Coloré ; chromatique ; relatif à la couleur.

Forme dérivée de lura.

Les Huit Couleurs du Crépuscule

Toutes les couleurs de l’Élynar ne portent pas de signification symbolique.

Huit d’entre elles occupent cependant une place particulière dans la culture aelrane. Elles constituent un ensemble traditionnel associé au crépuscule, au passage du jour vers la nuit et à l’importance culturelle du nombre huit.

Aura → Orva → Orma → Rova → Vyra → Dyla → Nyla → Vëra

Mémoire → Passage → Sacrifice → Vaillance → Beauté → Sérénité → Silence → Espoir

La couleur ne devient jamais le concept auquel elle résonne.

vëra ne signifie pas Asha ;
rova ne signifie pas vaillance ;
vyra ne signifie pas beauté.

Les associations sont culturelles, anciennes et profondément enracinées, mais les mots demeurent d’abord des noms de couleurs.

aura

Doré ; couleur d’or.

aurais — doré.
Résonance culturelle

Mémoire.

Le doré évoque la lumière qui demeure alors même que sa source a déjà disparu.

Cette association semble extrêmement ancienne et pourrait précéder la disparition de la Racine première de la Mémoire.

orva

Orange ; ambre ; teinte chaude située entre le doré et le rouge.

orvais — orangé, ambré.
Résonance culturelle

Passage.

Orva est associé aux seuils et aux transitions : ce qui n’est déjà plus entièrement ce qu’il était sans être encore complètement ce qu’il deviendra.

Cette résonance entretient une proximité conceptuelle naturelle avec thara, sans que les deux termes soient synonymes.

orma

Rouge.

ormais — rouge.

La forme appartient historiquement au même ancien domaine lexical que Ormah et orm, le sang.

Résonance culturelle

Sacrifice.

Le rouge évoque ce que l’on consent à perdre afin que quelque chose d’autre puisse demeurer.

rova

Rose.

rovais — rose.

Rova constitue une catégorie chromatique autonome.

lin ormais signifie « rouge pâle ».
Cela ne signifie pas automatiquement rova.
Résonance culturelle

Vaillance.

La vaillance associée au rose n’est pas l’absence de peur, mais la capacité d’agir en reconnaissant pleinement sa vulnérabilité, la douleur possible ou le risque d’échec.

vyra

Violet.

vyrais — violet.
Résonance culturelle

Beauté ; harmonie perçue.

La beauté concernée ne se limite pas à une apparence agréable.

Elle peut être reconnue dans une personne, une œuvre, un paysage, un mouvement, une architecture, une mélodie ou toute organisation dont les différentes parties semblent devoir être ensemble.

dyla

Bleu.

dylais — bleu.
Résonance culturelle

Sérénité.

La sérénité ne désigne pas l’absence d’émotion, mais la capacité à reconnaître ce qui échappe au contrôle sans lui abandonner son équilibre intérieur.

nyla

Indigo ; bleu extrêmement profond approchant de la nuit.

nylais — indigo.

Nyla possède une proximité phonétique et historique ancienne avec dyla.

Résonance culturelle

Silence.

Le silence désigné symboliquement n’est pas seulement l’absence de bruit, mais la présence de ce qui demeure non exprimé : respect, refus, douleur, secret, attente, deuil ou réalité que les mots ne suffisent pas à porter.

vëra

Vert.

vërais — vert.
Résonance culturelle

Espoir — Asha.

Vëra est associé à ce qui demeure possible lorsque tout semblait devoir s’achever.

Dans l’ordre traditionnel des Huit Couleurs du Crépuscule, le vert vient en dernier.

Le cycle aelran ne s’achève donc pas dans le Silence, mais dans l’Espoir.

Couleurs ordinaires

D’autres couleurs possèdent un vocabulaire parfaitement établi sans appartenir aux Huit Couleurs du Crépuscule et sans recevoir de résonance fondamentale particulière.

siva

Blanc.

sivais — blanc.
Le blanc n’implique ni pureté, ni bonté, ni innocence.

nura

Noir.

nurais — noir.
nura ≠ Vael

Le noir n’est ni l’Ombre, ni le mal, ni le Silence.

hëra

Gris.

hërais — gris.

tora

Brun ; marron.

torais — brun, marron.

XXVI — Émotions

aelë

Affection ; amour ressenti.

Aucune distinction lexicale obligatoire entre amour :

familial ;
amical ;
romantique.

aelën

Aimer.

Ra aelën sei. Je t’aime.

aelëis

Affectueux ; aimant.

aelëath

Manifestation concrète d’affection.

aelën na

Aimer quelqu’un dans la place relationnelle qu’il occupe sans présenter cette relation comme constitutive de l’identité.

Ne signifie pas « aimer moins ».

aelën nar

Aimer quelqu’un dans une relation constitutive.

ce que tu es participe de ce que je suis.

Peut être romantique, familial, amical ou autre.

sar

Agrément ; plaisir simple.

saren

Apprécier ; trouver agréable.

saris

Plaisant.

sarel

Éprouver du plaisir ; être satisfait.

lya

Joie.

lyael

Être joyeux.

lyais

Joyeux.

lyaen

Rire sous l’effet de la joie.

Un rire forcé ou hostile n’est pas nécessairement lyaen.

lyaath

Sourire véritable issu de la joie.

Un sourire de façade n’est pas nécessairement lyaath.

sëra

Tristesse.

sërael

Être triste.

sërais

Triste.

sëraath

Manifestation concrète de tristesse.

sërnar

Chagrin né de la blessure, de la perte ou de la rupture d’un lien nar.

Ne signifie pas : très grande tristesse.

La structure relationnelle définit le mot.

runa

Colère.

Métaphore historiquement liée à run, chaleur active.

runael

Être en colère.

runais

En colère ; colérique.

runaen

Diriger ou exprimer sa colère contre.

vaera

Peur.

vaerel

Être effrayé.

vaeris

Craintif ; imprégné de peur.

vaerath

Cause ou objet de peur.

nëra

Inquiétude ; préoccupation pour ce à quoi l’on est attaché.

Parenté conceptuelle lointaine avec Nareth.

nërael

Être inquiet.

nëraen

S’inquiéter activement ; surveiller avec préoccupation.

tirë

Irritation ; agacement.

tirel

Être agacé.

tiris

Agaçant.

sava

Amusement.

savael

Être amusé.

savais

Amusant ; drôle.

savaen

Amuser quelqu’un.

khaer

Haine durable.

Plus précisément :

désir que l’autre cesse d’occuper la place qu’il occupe dans le monde ou dans l’existence du sujet.
Khaer n’est pas simplement une colère très forte.

khaerel

Haïr ; être dans l’état de haine.

khaeren

Entretenir activement sa haine.

naer

Confiance.

Conceptuellement :

accepter qu’un lien continuera de tenir lorsque l’on cesse soi-même de le contrôler.

naerel

Faire confiance.

Ra naerel sei. Je te fais confiance.

naeris

Digne de confiance.

Forme lourde

Ra naerel nar sei. Je te fais confiance dans le cadre d’un lien que je considère comme constitutif.

XXVII — Famille, lien, communauté et héritage

Parenté

Le vocabulaire familial de l’Élynar distingue explicitement trois niveaux que d’autres langues peuvent confondre :

l’origine biologique ;
la relation familiale reconnue ;
la place constitutive éventuelle de cette relation.

Les deux premiers niveaux appartiennent au lexique. Le troisième relève de l’opposition entre na et nar.

Le sang ne crée jamais automatiquement un lien nar.

Et l’absence de sang n’empêche jamais une relation familiale d’être nar.

Une ancienne opposition lexicalisée apparaît dans plusieurs termes :

i- — origine biologique ;
a- — relation familiale reconnue.

Cette opposition n’est pas productive dans l’Élynar moderne et ne constitue pas un système grammatical général.

De même, les oppositions entre ima / ida et ama / ada ne constituent pas un genre grammatical. L’Élynar demeure sans genre grammatical.

iva

Parent biologique ; géniteur au sens neutre.

Désigne l’un des êtres dont le locuteur ou la personne concernée est biologiquement issu, sans présumer du rôle familial, affectif ou identitaire exercé par cette personne.

ima

Mère biologique ; génitrice.

Ima na ra. Ma mère biologique / ma génitrice.
ima n’implique ni ama, ni nar.

ida

Père biologique ; géniteur.

Ida na ra. Mon père biologique / mon géniteur.
ida n’implique ni ada, ni nar.

ava

Parent ; personne véritablement reconnue comme son parent.

Le lien biologique n’est pas nécessaire.

Une personne ayant élevé, protégé ou assumé durablement la place parentale peut être ava sans être iva.

ama

Mère ; personne véritablement reconnue comme sa mère.

Une mère adoptive reconnue comme telle est simplement ama. L’Élynar n’en fait pas une catégorie secondaire de maternité.

Ama na ra. Ma mère.
Ama nar ra. Ma mère, dont le lien participe de ce que je suis.

ada

Père ; personne véritablement reconnue comme son père.

Un père adoptif ou un homme devenu père par la relation et non par le sang est simplement ada lorsque le locuteur le reconnaît ainsi.

Ada nar ra. Mon père, dont le lien est constitutif de mon identité.

Fratrie

syr

Frère ou sœur ; terme générique de fratrie.

S’emploie lorsque la distinction entre fraternité biologique et fraternité reconnue n’est pas pertinente.

Aucune distinction grammaticale entre frère et sœur.

isyr

Frère ou sœur biologique.

Désigne un membre de la même fratrie par filiation biologique partagée.

Isyr na ra. Mon frère / ma sœur biologique.
isyr ne dit rien de la proximité affective ni du caractère constitutif du lien.

asyr

Frère ou sœur véritablement reconnu comme tel.

Le sang n’est pas nécessaire.

Un frère adoptif, une sœur adoptive, une personne élevée avec le locuteur ou quelqu’un devenu famille peut être asyr.

Asyr na ra. Mon frère / ma sœur.
Asyr nar ra. Mon frère / ma sœur, dont le lien participe de ce que je suis.
Une même personne peut être ima et ama, ida et ada, isyr et asyr.

Mais aucune de ces correspondances n’est obligatoire.
Sei nai isyr na ra. Sei asyr nar ra. Tu n’es pas mon frère / ma sœur biologique. Tu es mon frère / ma sœur, et ce lien fait partie de ce que je suis.

Liens et communauté

nara

Relation ; lien ordinaire.

naraen

Relier ; attacher ; mettre en relation.

narael

Être lié.

narais

Lié ; connecté.

naraath

Nœud ; point de connexion.

narei

Réseau ; communauté ; cercle structuré par ses relations.

Une pluralité d’individus ne forme pas automatiquement un narei.

Héritage

atrun

Héritage intergénérationnel reçu sans l’avoir choisi et devenu constitutif du porteur.

Peut contenir :

dons ;
devoirs ;
blessures ;
conséquences ;
charges ;
héritages historiques.

Règle grammaticale absolue

atrun nar X ✓
atrun na X ✗

La raison historique est oubliée des locuteurs modernes.

L’origine remonte à une ancienne dynastie Atrun dont le nom s’est lexicalisé.


XXVIII — Numération octale

nul

0.

an

1.

tei

2.

ser

3.

kal

4.

mir

5.

sën

6.

vor

7.

orën

8 en valeur décimale, soit 10 en base huit.

Peut également signifier :

complétude structurée en huit parties.
Il Orën Les Huit Primordiaux.

Composition

orën-an — 9 décimal.
orën-tei — 10 décimal.
orën-ser — 11 décimal.
tei orën — 16 décimal.
tei orën-an — 17 décimal.

taren

8² = 64 décimal.

sorel

8³ = 512 décimal.


XXIX — Suffixes numériques

-ir

Ordinal.

anir — premier ;
teir — deuxième ;
serir — troisième ;
kalir — quatrième ;
mirir — cinquième ;
sënir — sixième ;
vorir — septième ;
orënir — huitième.

-eth

Fraction.

teieth — moitié ;
sereth — tiers ;
kaleth — quart.
tei sereth deux tiers

-al

Nombre d’occurrences.

anal — une fois ;
teial — deux fois ;
seral — trois fois ;
orënal — huit fois.

XXX — Suffixes dérivationnels généraux

-en

Action active ; exercice ou production du concept.

maer → maeren ;
hara → haraen ;
nara → naraen ;
thara → tharaen.

-el

État ; entrée ou maintien dans l’état.

drena → drenel ;
sava → savael ;
vaera → vaerel ;
thara → tharael.

-ar

Agent.

elyar ;
saear ;
kerar.

Aucune distinction masculin/féminin.

-is

Qualité ; propriété.

runis ;
drenis ;
maeris ;
aurais ;
vërais.

-ath

Manifestation concrète ; résultat ; trace.

elyath ;
saeath ;
aevath ;
taerath.

-or

Lieu caractérisé par le concept.

taeror — lieu d’archives.

XXXI — Composés conceptuels canoniques

L’apostrophe ne signifie jamais simplement « de ».
Elle fusionne deux éléments en un concept nouveau.

Elyon'Dar

Le Don du Nom.

Fusion entre Elyon, Don, et Dar, identité véritable portée par le nom.

Kaelrun'Thar

Le Feu Sourd.

Aevora'Lys

Le Souffle vivant.

Lys porte le sens : vivant, animé.

Aer'Thalan

La Parole de l’Orage.

Nareth'En

L’Art du Lien.

Lir'Nym

La Mémoire des Marées.

lir- est fossilisé et improductif.

La forme ancienne liée à la Racine première perdue ne peut pas être reconstruite.

Elyndar'Kaen

La Voix du Silence.

La forme entière est établie comme composé ancien.

Ormah'Dur

Le Souffle Rouge.

Lié historiquement au sang, au rouge et à la pulsation vitale.

Seryn'Thalor

Le Chant des Astres.

Ce n’est pas simplement Thalor na Seryn.

Le composé désigne un Art ou concept établi.

Thalyr'En

L’Art de la Vibration.

Myr'Sael

Le Souffle des Rêves.

Traduction traditionnelle, probablement non littérale.

La présence de Sael suggère une relation plus profonde entre rêve et empreinte essentielle.

Oris'Tael

Le Compas des Âges.

Vael'Soth

L’Ombre qui délie.

Sens profond :

Ombre devenue moyen de défaire des relations constitutives.

Sael'Daryn

Le Reflet intérieur du Monde.

Sens profond :

le Monde envisagé comme empreinte de sa propre essence.

La traduction traditionnelle « Monde des Esprits » est simplifiée et non littérale.

Thraek'Vael

L’Ombre insoumise.

Sens profond :

l’Ombre qui ne reconnaît aucune autorité qu’elle n’a pas elle-même reconnue comme légitime.

Titre légendaire possible :

La Lance qui refusa le monde.

Khar'Morduun

La Fauche du Flux granulaire.

Dans un contexte de sable :

Faucheur du sable.

Ghor'Vael

La Faim de l’Ombre.

Une faim conçue comme absence que rien ne peut réellement remplir.


XXXII — Noms propres et formes anciennes

Thalvën

Thal — Mouvement.
vën — retenue volontaire ; mesure imposée à son propre mouvement sans le supprimer.

Sens :

Mouvement retenu

ou plus naturellement :

le mouvement qui connaît sa mesure.
Le nom est lexicalisé : prononcer Thalvën n’équivaut pas à prononcer la Racine première Thal isolément.

Strad'Kaor

strad

Tenir une ligne, rester ferme sous une force qui tente de déplacer.

kaor

Hauteur exposée, sommet battu par les éléments.

Sens du composé :

Tenue du Sommet

ou :

celui qui tient sur les hauteurs malgré ce qui cherche à l’en chasser.

Kaeryn

Origine : ancien kaer.

se lever, se dresser pour agir lorsque la situation exige une réponse.

Sens du nom :

celui qui se lève lorsque vient le moment d’agir.
La finale -yn est ancienne et lexicalisée.
Elle n’est pas le pluriel moderne.

Vael'Thra

thra

Porter au-dessus, couvrir de sa présence.

Sens :

Ombre portée

au sens de :

présence protectrice sous laquelle un autre peut se tenir.

Aodhán

aodh

Impulsion dirigée vers le haut.

-án

Ancienne terminaison non productive liée à la disposition.

Sens :

celui que porte l’élan vers ce qui est plus haut.

Cael'Ríogh

cael

Ciel ouvert ; hauteur sans limite.

ríogh

Dignité ou grandeur issue de la maîtrise de soi plutôt que du pouvoir sur autrui.

Sens :

Noblesse du Ciel ouvert.

Eld'var

eld

Refus de céder ; persistance contre ce qui devrait faire plier.

var

Contrainte opposée ; force retournée contre celle qui s’exerce.

Sens :

le refus qui devient contrainte.

Autrement :

tenir jusqu’à ce que la force adverse doive céder.

XXXIII — Emprunts orcs et nains

Kaor-Mneth

Forme orque d’origine partiellement élynar.

Kaor

sommet exposé, hauteur battue par les éléments.

Mneth

Issu de l’ancien :

Mëneth

signifiant :

tenir son existence ou sa position de soi-même ; ne pas devoir sa légitimité à autrui.

Évolution

Mëneth → Mneth

par disparition de la voyelle faible.

Sens global

celui qui se tient de lui-même sur la hauteur exposée.

Lecture culturelle :

celui qui n’a besoin de personne pour tenir au sommet.
Le tiret appartient à l’adaptation orque et ne doit pas être traité comme une apostrophe élynar moderne.

Thurn-Kael

Forme naine issue de :

Thurën'Kael

Sens ancien :

Portement de la Pierre ;
ce qui porte la matière solide.

Évolution

perte de ë ;
apostrophe remplacée par tiret ;
intégration à la tradition naine.

XXXIV — Salutations et formules établies

Sael sei.

Salutation standard.

Traduction :

Bonjour ; salut.

Sens profond :

reconnaissance de la présence et de l’empreinte de l’interlocuteur.

Sael.

Salutation familière.

Salut.

Sael nae sei.

Retrouvailles significatives après une absence.

Traductions possibles :

heureux de te revoir ;
te voilà revenu ;
je te retrouve.

Sens profond :

Je reconnais ce qui de toi demeure jusqu’ici.
La formule ne dit pas nécessairement la joie.

Sael ha.

Accueil.

Traduction :

Bienvenue.

Sens profond :

Ta présence est reconnue ici.

Sael nar ha.

Accueil très fort.

Traduction :

Tu es chez toi ici.

Implique réellement une relation constitutive avec le lieu ou l’espace d’accueil.

Nara nae.

Au revoir ordinaire.

Sens profond :

La relation établie demeure après notre séparation.

Nar nae.

Séparation intime ; adieu à quelqu’un qui demeure constitutif.

Sens profond :

Le lien demeure.

Peut également être adressé à un mort.

Ael sha tharei.

À bientôt.

Sens littéral :

Nous reviendrons l’un vers l’autre.

Le pronom ael inclut l’interlocuteur.

Nara da.

Adieu définitif ; clôture d’une relation contingente.

Sens profond :

Notre relation est accomplie et close.

Nar da.

Rupture extrêmement lourde.

Sens profond :

Le lien qui participait de ce que je suis est désormais clos.
Ne doit jamais être employé comme simple variante emphatique de « au revoir ».

XXXV — Expressions grammaticales de référence

Ra thalor. Je chante.
Ra ori thalor. J’ai chanté / je chantais.
Ra sha thalor. Je chanterai.
Ra ori thal thalor. J’étais en train de chanter.
Ra ori da thalor. J’ai chanté, et c’est clos.
Ra ori nae thalor. J’ai chanté, et quelque chose en demeure.
Ra ori thal nai thalor. Je n’étais pas en train de chanter.
Ra drenis. Je suis fatigué.
Ra ori aes drenis. J’étais fatigué.
Eir aes. Cela existe.
Ra mael. J’ai faim.
Sei varael. Tu te trompes.
Ra nai saer aeren. Je ne veux pas parler.
Ra naerel sei. Je te fais confiance.
Ra aelën sei. Je t’aime.
Ra aelën nar sei. Je t’aime dans un lien que je considère comme constitutif de ce que je suis.
Ima na ra. Ma mère biologique / ma génitrice.
Ama na ra. Ma mère.
Ama nar ra. Ma mère, dont le lien participe de ce que je suis.
Isyr na ra. Mon frère / ma sœur biologique.
Asyr nar ra. Mon frère / ma sœur, dont le lien participe de ce que je suis.
Il daryn tharael rae saen. Le monde devient meilleur.
Ra tharaen il daryn rae saen. Je rends le monde meilleur.
Ael ori saer tharaen il daryn rae saen. Nous voulions rendre le monde meilleur. — nous inclusif
Rael ori saer tharaen il daryn rae saen. Nous voulions rendre le monde meilleur. — nous exclusif

XXXVI — Les mots qui n’ont pas encore d’équivalent établi

Un lexique de référence doit également savoir montrer ses limites.

Plusieurs concepts français ordinaires ne possèdent pas encore de terme élynar canonique défini dans le présent état de la langue.

Il serait incorrect de créer rétroactivement une forme simplement parce qu’une traduction est nécessaire.

Lorsque l’on rencontre un mot encore absent, trois possibilités doivent être envisagées :

  1. L’Élynar possède déjà une construction permettant de l’exprimer sans nouveau lexème.
  2. Le concept doit être exprimé par une périphrase.
  3. Une nouvelle racine doit être créée et intégrée au système.

La troisième solution doit respecter :

la phonologie ;
la morphologie ;
les familles lexicales existantes ;
les Racines premières ;
les fossiles ;
les restrictions historiques.

L’exemple du mensonge constitue évidemment un cas différent :

il ne manque pas accidentellement un mot.
L’absence est constitutive de la langue.

XXXVII — Index alphabétique général

L’index suivant permet de retrouver rapidement les principales formes canoniques.

Les définitions sont volontairement condensées ; les entrées précédentes conservent la valeur de référence lorsque des nuances sont nécessaires.

A

ada — père reconnu comme son père.

ae — et.

aei — oui.

ael — nous inclusif.

aelë — affection, amour.

aelën — aimer.

aelëath — manifestation d’affection.

aelëis — affectueux.

aen — pleinement.

Aer — Parole, concept ancien.

aera — parole ordinaire.

aeraath — énoncé.

aeren — parler.

Aer'Thalan — Parole de l’Orage.

aev — souffle respiratoire.

Aevora — Souffle, concept ancien.

Aevora'Lys — Souffle vivant.

aevath — expiration.

aevel — respirer.

aeven — souffler, expirer volontairement.

aevis — respiratoire.

Aelarion — Transcendance, Absolu lexical.

ama — mère reconnue comme sa mère.

an — un.

anal — une fois.

anir — premier.

Aodhán — nom ancien, « celui que porte l’élan vers ce qui est plus haut ».

aodh — impulsion ascendante.

Asha — espoir.

ashaen — espérer.

ashais — porteur d’espoir.

asyr — frère ou sœur véritablement reconnu comme tel.

atrun — héritage intergénérationnel constitutif ; exige nar.

aura — doré ; couleur de la Mémoire.

aurais — doré.

ava — parent véritablement reconnu comme son parent.

aes — être, exister.

C

cael — ciel ouvert, hauteur sans limite.

Cael'Ríogh — Noblesse du Ciel ouvert.

D

da — accompli clos.

Dar — nom, identité portée par le nom.

daren — dire, énoncer.

daryn — monde comme totalité vécue cohérente.

dor — devoir par nécessité.

drae — mauvais, inadéquat, défavorable.

drena — fatigue physique.

drenel — être fatigué.

drenis — fatigué.

Dur — souffle puissant, pulsation vitale.

durën — cœur.

dyla — bleu ; couleur de la Sérénité.

dylais — bleu.

E

ei — déterminant indéfini.

eir — il, elle, cela.

eirë — chaque, chacun.

eiryn — ils, elles, eux.

eld — refus de céder.

Eld'var — le refus qui devient contrainte.

el — vers, à destination de.

elya — permission accordée.

elyar — donneur.

elyath — don concret.

elyel — recevoir ce qui est accordé.

elyen — donner volontairement.

elyna — vie individuelle.

elynath — être vivant concret.

elynel — être vivant.

elynis — vivant.

Elyndra — Vie, Racine première.

Elyndar'Kaen — Voix du Silence.

Elyon — Don, Racine première.

Elyon'Dar — Don du Nom.

En — Art, maîtrise consciente.

endar — corps.

endra — chair vivante.

esh — parce que.

ën — tout, tous comme totalité.

G

ghor — faim insatiable ne cherchant pas la satiété.

Ghor'Vael — Faim de l’Ombre.

H

ha — ici.

hael — là.

haen — ailleurs.

hara — perception auditive.

harael — entendre.

haraen — écouter.

harin — oreille.

hëra — gris.

hërais — gris.

I

ida — père biologique, géniteur.

il — déterminant défini.

ima — mère biologique, génitrice.

ir — dans, au sein de, à.

isyr — frère ou sœur biologique.

iva — parent biologique, géniteur neutre.

K

kae — pouvoir par capacité.

kael — matière solide, pierre.

kaelen — façonner une matière solide.

Kaelgor — Forge, Racine première.

Kaelrun — Feu.

Kaelrun'Thar — Feu Sourd.

kaer — se lever pour agir.

Kaeryn — nom dérivé de kaer.

Kaen — voix.

kal — quatre.

kaleth — quart.

kalir — quatrième.

kaor — hauteur exposée, sommet battu par les éléments.

Kaor-Mneth — nom orc issu d’éléments élynar anciens.

ker — prise, saisie.

kerar — preneur.

kerath — objet saisi ou manifestation de prise.

kerel — être tenu, saisi.

keren — prendre, saisir.

ke — que, qui.

khaer — haine durable.

khaerel — haïr.

khaeren — entretenir sa haine.

Khar — coupe interrompant une trajectoire.

Khar'Morduun — Fauche du Flux granulaire.

L

lae — marque de requête.

len — seulement.

lin — peu, faiblement, moins.

lir- — fossile mémoriel improductif.

lirë — presque.

Lir'Nym — Mémoire des Marées.

Liréathi — ethnonyme fossilisé.

lura — couleur, teinte perçue.

lurais — coloré, chromatique.

lya — joie.

lyaath — sourire véritable de joie.

lyael — être joyeux.

lyaen — rire de joie.

lyais — joyeux.

Lys — vivant, animé.

lyna — croissance naturelle.

lynaen — croître.

lynais — en croissance.

lynath — pousse, manifestation de croissance.

M

ma — particule interrogative fermée.

mae — faim biologique.

mael — avoir faim.

maer — nourriture.

maerath — repas.

maerel — être rassasié.

maeren — manger.

maeris — nutritif.

mai — quoi ?

mara — beaucoup.

mar — plusieurs.

mei — qui ?

mel — comment ?

men — combien ?

mer — où ?

meyn — lequel ?

mir — cinq.

mirir — cinquième.

mor — quand ?

Morduun — matière granulaire en flux.

Myr — rêve.

myrën — croire sans certitude complète.

Myr'Sael — Souffle des Rêves, traduction traditionnelle.

mya — pourquoi ?

N

na — lien contingent, de, depuis, relation.

nae — accompli dont les conséquences demeurent.

naer — confiance.

naerel — faire confiance.

naeris — digne de confiance.

nai — négation.

nara — relation ordinaire.

naraath — nœud, point de connexion.

narael — être lié.

naraen — relier.

nar — lien constitutif.

narais — lié, connecté.

naren — devoir par engagement ou lien.

narei — réseau, communauté relationnelle.

Nareth — Lien, Racine première.

Nareth'En — Art du Lien.

nei — non.

nema — oubli ordinaire.

nemaen — oublier.

nemais — oublié.

Nêhalor — Oubli souverain, Absolu lexical.

nor — sans.

nul — zéro.

nura — noir.

nurais — noir.

Nym — marée, flux marin cyclique.

nyla — indigo ; couleur du Silence.

nylais — indigo.

nëra — inquiétude relationnelle.

nërael — être inquiet.

nëraen — s’inquiéter activement.

O

ora — quand, au moment où.

orae — durée.

orael — attendre.

oraen — durer.

orais — ancien par la durée.

orath — pendant, tandis que.

orel — après.

orelath — demain.

oren — maintenant.

orenath — aujourd’hui.

ori — passé.

orin — avant.

orinath — hier.

Oris — Âge, Temps, Racine première.

Oris'Tael — Compas des Âges.

orm — sang.

orma — rouge ; couleur du Sacrifice.

ormais — rouge.

Ormah — ancien concept lié au rouge et au sang.

Ormah'Dur — Souffle Rouge.

ormel — saigner.

ormen — faire saigner.

ormis — sanguin.

orva — orange, ambre ; couleur du Passage.

orvais — orangé, ambré.

orën — huit ; complétude en huit parties.

orënal — huit fois.

orënir — huitième.

R

ra — je, moi.

rae — plus… que.

rael — nous exclusif.

ren — assez, suffisamment.

reth — le plus, superlatif relatif.

ríogh — dignité issue de la maîtrise de soi.

rova — rose ; couleur de la Vaillance.

rovais — rose.

run — chaleur active.

runa — colère.

runael — être en colère.

runaen — diriger sa colère contre.

runais — colérique, en colère.

runath — chaleur produite.

runel — être chaud.

runen — chauffer.

runis — chaud.

S

sa — avec.

sae — perception visuelle.

saear — observateur.

saeath — image.

saeel — voir.

saeen — regarder.

saeis — visible, visuel.

sael — empreinte intérieure ou essentielle.

Sael'Daryn — Reflet intérieur du Monde.

saen — bon, favorable, approprié.

saer — vouloir.

sai — savoir.

sair — œil.

sar — agrément, plaisir simple.

sarel — éprouver du plaisir.

saren — apprécier.

saris — plaisant.

sarn — douleur.

sarnath — manifestation concrète de douleur.

sarnel — souffrir, avoir mal.

sarnis — douloureux.

sava — amusement.

savael — être amusé.

savaen — amuser.

savais — amusant.

sei — tu, toi.

sel — aussi… que.

sela — comme, à la manière de.

sen — même au sens inclusif, y compris ; jamais « le même ».

ser — trois.

seral — trois fois.

sereth — tiers.

serir — troisième.

Seryn — astre.

Seryn'Thalor — Chant des Astres.

sha — futur.

shael — si.

shaï — peut-être, possibilité.

siva — blanc.

sivais — blanc.

sor — trop.

sorel — 8³, 512 décimal.

Soth — déliaison fondamentale.

sova — souvenir personnel.

sovaen — se souvenir.

sovath — réminiscence.

strad — tenir une ligne sous une force adverse.

Strad'Kaor — Tenue du Sommet.

syl — eau.

sylen — boire.

syr — frère ou sœur, terme générique.

sën — six.

sënai — quelques.

sënir — sixième.

sëra — tristesse.

sëraath — manifestation de tristesse.

sërael — être triste.

sërais — triste.

sërnar — chagrin lié à la blessure d’un lien constitutif.

T

tae — donc, ainsi.

Tael — compas, direction, mesure.

taer — conserver une information.

taerath — archive.

taeren — consigner.

taeror — lieu d’archives.

taren — 8², 64 décimal.

tei — deux.

teial — deux fois.

teieth — moitié.

teir — deuxième.

tha — ce, cette, ces, proximal.

thael — ce…-là, distal.

Thal — Mouvement, Racine première.

thal — aspect continu.

thala — déplacement.

thalath — trace de mouvement.

thalda — arriver.

thalaen — aller, se déplacer.

thalen — marcher.

tharei — venir.

tharel — poursuivre son chemin.

thara — changement d’état, transition d’une condition vers une autre.

tharael — devenir, passer dans un nouvel état.

tharaen — rendre, faire devenir, provoquer un changement d’état.

Thalan — orage.

thalor — chant.

Thalvën — mouvement retenu, mouvement qui connaît sa mesure.

Thalyr'En — Art de la Vibration.

Thar — sourd, contenu, étouffé.

thava — partir, s’éloigner.

thel — main.

thra — couvrir de sa présence, porter au-dessus.

thraek — refus de reconnaître une autorité comme légitime.

Thraek'Vael — Ombre insoumise.

thurën — soutenir durablement une charge.

Thurn-Kael — forme naine issue de Thurën'Kael.

tirë — irritation.

tirel — être agacé.

tiris — agaçant.

tora — brun, marron.

torais — brun, marron.

V

va — mais.

vae — vous.

Vael — Ombre, Racine première.

vaeli — ombre ordinaire.

vaelath — silhouette d’ombre.

vaeliel — être caché dans l’ombre.

vaelien — cacher par l’ombre.

vaelis — sombre, ombragé.

Vael'Soth — Ombre qui délie.

Vael'Thra — Ombre portée, présence protectrice.

vaen — sommeil.

vaenis — endormi.

vaer — craindre.

vaera — peur.

vaerath — objet ou cause de peur.

vaerel — être effrayé.

vaeris — craintif.

Valrûn — Destruction souveraine, Absolu lexical.

vanel — dormir.

var — contrainte opposée, force retournée.

vara — erreur sincère.

varael — se tromper.

vei — ou.

vel — très.

vëra — vert ; couleur de l’Espoir.

vërais — vert.

vën — retenue volontaire du mouvement.

vor — sept.

vorir — septième.

vyra — violet ; couleur de la Beauté et de l’harmonie perçue.

vyrais — violet.

Y

ya — début, aspect inchoatif.

yn — pluriel explicite.

Ysildren — croissance souveraine du vivant, Absolu lexical.

— notation de la Racine première perdue de la Mémoire ; aucune prononciation possible.


XXXVIII — Ce que ce lexique doit préserver

L’Élynar possède désormais suffisamment de vocabulaire pour permettre des dialogues, des descriptions, des raisonnements simples, des déclarations émotionnelles, des échanges quotidiens et un certain nombre de formulations philosophiques complexes.

Mais la cohérence future de la langue dépend moins du nombre de mots ajoutés que de la manière dont ils seront ajoutés.

Un mot ordinaire peut être productif.

Une Racine première ne l’est pas de la même manière.

Un fossile ne doit pas retrouver artificiellement une productivité que l’histoire lui a retirée.

Un Absolu ne doit jamais recevoir de degré simplement parce qu’une phrase française en suggère un.

Un composé par apostrophe doit former un véritable concept et non remplacer paresseusement une relation en na.

Nar ne doit jamais devenir un simple « de plus intense ».

Nae ne doit jamais devenir un simple passé dramatique.

Les termes émotionnels doivent conserver la structure qui les distingue les uns des autres.

Les mots familiaux doivent conserver la distinction entre origine biologique, reconnaissance familiale et caractère éventuellement constitutif du lien.

Une couleur symbolique ne doit jamais être confondue avec le concept auquel elle résonne.

Et l’absence d’un mot pour le mensonge doit demeurer une absence.
Une langue ne se définit pas uniquement par ce qu’elle sait dire.

Elle se définit aussi par ce qu’elle n’a jamais eu besoin de nommer.

✧ Le lexique comme mémoire de la langue

À travers ces mots se dessine toute l’histoire de l’Élynar.

Il existe des termes tellement anciens qu’ils touchent encore aux Primordiaux.

Il existe un mot du Feu qui précède les concepts de matière et de chaleur dont un observateur moderne pourrait croire qu’il est composé.

Il existe une Racine dont l’absence reste connue alors que son son a été détruit.

Il existe un mot dont la règle grammaticale demeure alors que le peuple qui l’expliquait a disparu.

Il existe quatre termes que même la grammaire refuse de comparer.

Il existe des noms skayans devenus si naturels dans leur propre culture que leurs porteurs peuvent oublier qu’ils parlaient autrefois Élynar.

Il existe des noms orcs et nains dont les consonnes gardent la trace d’un emprunt ancien.

Et il existe une langue entière capable de parler :

de l’erreur ;
du doute ;
de l’ignorance ;
du secret ;
du silence ;

sans posséder aucun mot natif pour le mensonge.

Tout cela appartient au vocabulaire autant qu’à la grammaire.

Car un lexique n’est jamais simplement une liste des choses qu’un peuple a rencontrées.

Il révèle aussi les distinctions qu’il a jugées suffisamment importantes pour leur donner une forme propre.

L’Élynar distingue le fait d’être capable d’agir du fait d’avoir reçu permission d’agir.

Il distingue le devoir imposé par la situation du devoir né d’un lien reconnu.

Il distingue recevoir et prendre.

Il distingue l’oubli ordinaire de l’Oubli souverain.

Il distingue la faim d’un corps de celle qui ne désire jamais être rassasiée.

Il distingue la tristesse de la blessure d’un lien constitutif.

Il distingue l’amour de la place que cet amour occupe dans l’identité.

Il distingue le géniteur du parent que l’on reconnaît véritablement comme son père ou sa mère.

Il distingue de la même manière le frère ou la sœur biologique de celui ou celle que l’on reconnaît comme faisant réellement partie de sa fratrie.

Et même dans ces relations, il distingue encore le simple fait familial du lien devenu constitutif de ce que l’on est.

Il distingue ce qui est simplement passé de ce qui, bien qu’accompli, continue de tenir dans le présent.

Il distingue également le mouvement d’un être dans l’espace du mouvement qui fait passer une chose d’un état à un autre.

Et parmi toutes les couleurs que les yeux peuvent reconnaître, il en distingue huit dont le crépuscule a chargé la culture aelrane d’une résonance particulière :

Aura — Mémoire ;
Orva — Passage ;
Orma — Sacrifice ;
Rova — Vaillance ;
Vyra — Beauté ;
Dyla — Sérénité ;
Nyla — Silence ;
Vëra — Espoir.

Ces couleurs restent des couleurs.

Mais un Aelran ne peut entièrement séparer certaines d’entre elles de ce que des millénaires leur ont appris à porter.

Ces distinctions ne sont pas toujours plus précises que celles des autres langues.

Elles sont précises ailleurs.

Et c’est précisément cela qui fait de l’Élynar une langue.

Pas un code.

Pas une nomenclature.

Pas une série de mots élégants ajoutés à une grammaire étrangère.

Une langue possède sa propre manière de décider quelles différences méritent d’être dites.

L’Élynar a choisi depuis très longtemps de porter certaines d’entre elles jusque dans le Chant.

Ainsi s’achève cette première grammaire de référence.

Le premier chapitre montrait qu’en Élynar, le sens et la sincérité ne peuvent être totalement séparés.

Le second révélait que la langue conserve dans ses Racines les traces de son histoire la plus ancienne.

Le troisième expliquait comment les sons, les suffixes et les apostrophes donnent forme aux concepts.

Le quatrième montrait que la personne peut être définie par ses liens autant que par ce qu’elle possède.

Le cinquième distinguait ce qui a simplement eu lieu de ce qui continue de demeurer.

Le sixième donnait à ces éléments la forme d’une véritable parole.

Le septième montrait comment compter, aimer, craindre, haïr et hériter deviennent des manières de penser.

Et ce dernier chapitre rassemble les mots dans lesquels toutes ces structures peuvent désormais vivre.

Il reste encore d’innombrables choses à nommer.

Des plantes.
Des animaux.
Des nuances chromatiques.
Des métiers.
Des outils.
Des institutions.
Des gestes.
Des textures.
Des sons.
Des nuances de lumière.
Des insultes.
Des mots d’enfants.
Des termes savants.
Des archaïsmes.
Des dialectes.
Des emprunts.
Et des concepts qui n’existent peut-être encore dans aucune autre langue d’Elserath.

Mais les fondations sont désormais posées.

Et toute nouvelle parole devra respecter la même exigence qui se trouve au commencement de l’Élynar :

comprendre ce que l’on veut porter avant de chercher comment le prononcer.

Car dans cette langue, les mots ne sont jamais complètement vides.

Même lorsqu’ils ont oublié leur origine,

même lorsqu’un peuple étranger les a transformés,

même lorsqu’un seul fragment a survécu,

même lorsque la Racine elle-même a disparu,

le Chant demeure dans ce qui peut encore être dit.